Bornes de recharge à domicile : des milliers de conducteurs potentiellement en infraction en Flandre
Le développement massif des voitures de société électriques en Flandre s’accompagne d’une obligation encore trop méconnue : toute borne de recharge domestique doit être déclarée auprès du gestionnaire de réseau Fluvius. À défaut, le conducteur – ou indirectement l’employeur – s’expose à une amende administrative pouvant atteindre 250 euros.
La règle est pourtant claire. Dès qu’une borne fixe est installée à domicile et raccordée au réseau, elle doit être enregistrée. L’objectif est technique : permettre à Fluvius d’anticiper les pics de consommation et d’adapter la capacité du réseau local face à la montée en puissance des recharges privées. Or, selon les informations relayées par la VRT, des dizaines de milliers de Flamands n’auraient pas effectué cette formalité.
Pour le marché des voitures de société, l’enjeu dépasse la simple amende individuelle. La recharge à domicile constitue aujourd’hui la pierre angulaire de la stratégie d’électrification des flottes. Elle influence directement le TCO, la politique de remboursement de l’électricité et l’acceptation du véhicule électrique par les collaborateurs. Si la borne n’est pas déclarée, le risque est double : sanction administrative, mais aussi possible remise en question de certaines modalités de remboursement ou de conformité contractuelle.
Dans de nombreuses entreprises, l’installation est pilotée par un fournisseur spécialisé et intégrée dans la car policy. Mais dans certains cas – notamment lors d’installations plus anciennes ou réalisées en dehors du circuit fleet habituel – la déclaration auprès de Fluvius peut avoir été oubliée. Les employeurs ont donc tout intérêt à vérifier que leurs conducteurs disposent d’une installation conforme et correctement enregistrée.
Pour les conducteurs et les entreprises, la recommandation est claire : vérifiez que votre borne de recharge à domicile est correctement enregistrée auprès de Fluvius, et anticipez toute autre obligation locale ou communale qui pourrait également s’appliquer. Ne pas le faire pourrait non seulement coûter cher, mais aussi ralentir l’adoption sereine de solutions de mobilité électrique.
"Une lourdeur administrative"
Cette position ne fait toutefois pas l’unanimité. Bart Massin (Stroohm et EV Belgium) a vivement réagi en estimant que cette « chasse » aux 70.000 bornes non déclarées – assortie d’une amende de 117,68 euros – relève davantage d’une lourdeur administrative que d’une nécessité technique. Selon lui, Fluvius dispose déjà, via les compteurs numériques, de données extrêmement précises sur les prélèvements et injections d’électricité, enregistrées tous les quarts d’heure. Pour réaliser des études de réseau ou des analyses de capacité, ce sont des profils de consommation agrégés qui importent, pas la nature de l’appareil branché derrière le compteur. Qu’il s’agisse d’une pompe à chaleur, d’une piscine ou d’une borne de recharge, seule la charge réelle sur le réseau compte. Dans cette logique, il plaide pour une simplification administrative plutôt que pour le maintien d’une obligation de déclaration qu’il juge dépassée et symbolique.