Humeur: Oui au budget de mobilité, non à son instrumentalisation immobilière
Dans le débat autour du budget de mobilité, il est essentiel de remettre les choses en perspective avec lucidité, pragmatisme et une ambition forte pour l’avenir de la mobilité professionnelle.
Le budget de mobilité est une réforme majeure, destinée à moderniser l’approche traditionnelle de la voiture de société et à encourager des choix plus durables et plus flexibles pour les collaborateurs. Il offre une liberté réelle entre une voiture électrique, du transport public, le vélo, la mobilité partagée, ou une combinaison de ces solutions. Intégrer une telle palette d’options dans un système cohérent et fiscalement attractif est une avancée notable pour notre marché.
Cependant, l’une des dérives les plus problématiques de ce dispositif est aujourd’hui de permettre à certains salariés d’utiliser cette enveloppe pour financer leur logement — loyer ou crédit hypothécaire.
Cette possibilité, bien que légale dans le cadre du pilier 2 du budget mobilité, s’inscrit hors de l’esprit même du dispositif qui doit rester centré sur la mobilité et non devenir un outil de financement immobilier.
Sur ce point, nous rejoignons la position exprimée par Denis Gorteman, CEO de D’Ieteren Auto. Dans cette interview, il dénonce sans ambiguïté cette utilisation du budget mobilité comme une « aberration », argumentant que ce n’est pas au système de mobilité de devenir un mécanisme de remboursement de logement, et que cela pose à la fois des questions d’équité, de cohérence du système et d’impact sur la mobilité durable.
Son analyse est pertinente : un système pensé pour encourager des comportements vertueux en mobilité se retrouve détourné pour résoudre des enjeux de logement qui relèvent d’un autre domaine politique et social. En permettant au budget mobilité de financer le logement, on fragmente sa mission, on dilue son impact stratégique, et on ouvre la porte à des effets pervers — notamment en termes de compétitivité territoriale, de fixation des individus à un lieu de travail ou encore de disparités fiscales. C’est un choix que nous ne pouvons pas soutenir.
Pour link2fleet, le budget de mobilité est un vecteur d’innovation, de performance RSE et de modernisation des politiques de compensation, mais il doit être utilisé pour ce pour quoi il a été conçu : optimiser les déplacements, réduire l’empreinte carbone, et offrir de véritables alternatives aux schémas traditionnels de mobilité.
En somme, oui au budget mobilité, non à son dévoiement comme outil de remboursement de logement. Nous devons préserver l’intention originelle de cette réforme pour qu’elle serve réellement à transformer la mobilité professionnelle, pour les entreprises et les collaborateurs, vers plus de durabilité, d’efficacité et d’agilité. C’est cette vision équilibrée et tournée vers l’avenir que link2fleet défend, dans l’intérêt de l’ensemble du secteur.