Hyundai accélère l’électrification de sa gamme en Europe: chiffres, ambitions et projets d’avenir
Hyundai Motor Europe présentait ce jeudi son bilan 2025. Sur le Vieux continent, la marque coréenne a bouclé l’exercice 2025 sur une dynamique solide, avec plus de 600.000 immatriculations de voitures particulières et surtout une progression de 24 % de ses ventes de véhicules électrifiés. Une performance qui dépasse la croissance globale du marché européen et qui confirme la pertinence de la stratégie du constructeur coréen à l’heure où les flottes belges sont engagées dans une transition accélérée vers le tout à l’électrique.
Une électrification qui dépasse le marché
Le groupe Hyundai Motor – qui détient Hyundai, Kia et la marque premium Genesis – continue sa croissance. En 2025, il se positionnait ainsi à la troisième place des constructeurs mondiaux de voitures particulières et à la 4e place sur le marché européen. « Mais la puissance du groupe ne s’arrête pas à l’automobile », a rappelé Xavier Martinet, CEO de Hyundai Motor Europe. « Nous sommes aussi actifs dans la logistique, la robotique et bien d’autres secteurs. »
Hyundai Motor Europe se classe dans le Top 10 des marques en Europe et emploi pas moins de 8.000 personnes à travers les différents pays où le groupe est présent soit avec son siège, une usine de production, un centre de recherche et développement, un centre technique, etc. L’usine Hyundai Motor Manufacturing Czech située à Nošovice en République Tchèque et ouverture en 2008 a d’ailleurs franchi le cap historique des 5 millions de véhicules produits fin janvier 2026.
Mais revenons-en aux chiffres. En 2025, Hyundai Motor Europe a vendu 603.542 voitures sur notre continent, soit une part de marché de 4,2% et de 4,4% sur le segment des voitures électrifiées (EV, PHEV, HEV, FCEV). Près d’un véhicule Hyundai sur cinq vendu en Europe était 100 % électrique, avec une croissance de 48 % des BEV. À cela s’ajoute une progression de 11 % des hybrides et hybrides rechargeables.
Inster, la star du fleet
Les ventes fleet ont quant à elles augmenté de 4% par rapport à 2024. « Cette belle progression, on la doit notamment à l’Inster qui performe très bien auprès de nos clients professionnels », a précisé Xavier Martinet. « Sur le segment A électrique, elle est leader du marché avec 24,9% des ventes en Europe ». L’Inster est d’ailleurs avec l’Ioniq 9 les deux modèles EV de la gamme qui ont intéressé le plus de clients fleet lors du Salon de Bruxelles. « On fait énormément de conquête avec Inster, notamment auprès de clients habitués des marques européennes. Mais ces chiffres nous montrent qu’il y a encore énormément de potentiel auprès des clients fleet », a encore ajouté Xavier Martinet, précisant que le groupe va encore intensifier sa stratégie auprès du B2B en 2026. « Avec l’Ioniq 9 et son cousin thermique/hybride Santa Fe, nous touchons désormais une clientèle qui vient bien souvent des marques premium. Cela montre à quel point notre marque a réussi à se créer une image ces 20 dernières années ».
7 modèles full électriques à brève échéance
Hyundai annonce cinq nouveaux modèles sur les 18 prochains mois, dont trois positionnés sur le segment B. Un signal fort pour les flottes belges, où la demande pour des véhicules compacts, électrifiés et financièrement maîtrisés reste élevée. L’arrivée annoncée de l’IONIQ 3, produite en Europe et destinée à un usage massif, pourrait clairement rebattre les cartes dans le segment des voitures de société électriques accessibles. « Sur un segment où le SUV est roi, nous avons décidé de proposer quelque chose d’autre. Nous avons osé. Et les retours sont plutôt positifs. Le Concept Three, qui préfigure l’Ioniq 3 était exposé sur notre stand du Salon IAA de Munich et beaucoup de clients se sont enthousiasmés du fait qu’il ne s’agissait pas d’un énième SUV. »
Avec ce modèle, Hyundai disposera de 7 modèles full électriques, soit une offre dans chacun des segments du marché. D’ici 2027, l’ensemble de la gamme Hyundai disposera aussi d’une version électrifiée. « Nous n’allons pas encore aujourd’hui vers le 100% électrique car nous souhaitons écouter les besoins de nos clients. Certains de nos concurrents poussent à fond les 100% électrique alors que tout le monde n’est pas encore prêt pour cela. D’autres veulent à tout prix ne garder que du thermique. J’apprécie la position de notre groupe qui veut toujours offrir un maximum de solutions pour rencontrer un maximum d’attentes ».
Et l’hydrogène à laquelle Hyundai est encore l’une des rares marques à croire aujourd’hui? « Certes, le potentiel actuel n’est pas élevé. Notamment parce que l’infrastructure manque. Mais nous y croyons. Et si demain la technologie se développe, nous serons prêt, contrairement à beaucoup de nos concurrents. C’est une vision à long-terme. D’autant que sur certains marchés, cette technologie a du sens », argumente Xavier Martinet. » En Corée, on vend 1.000 voitures à hydrogène chaque année par exemple. Et prenez l’exemple d’un bus à hydrogène qui circule dans une ville où il y a de l’infrastructure pour faire le plein… cela a tout son sens ».
Ancrage industriel européen
Hyundai ne se contente pas d’électrifier sa gamme, le constructeur investit massivement en Europe. Production de batteries en République tchèque, future fabrication de l’IONIQ 3 en Türkiye, centre R&D de pointe en Allemagne : cette localisation industrielle est un élément clé pour les flottes, en matière de sécurité d’approvisionnement, de délais de livraison et de maîtrise des coûts à moyen terme.
Enfin, sur la question de proposer un véhicule électrique sous la barre des 20.000 euros, comme le font pas mal de concurrents, Xavier Martinet se veut plutôt pragmatique estimant que les clients veulent surtout une autonomie plutôt qu’un prix. « Notre Inster est positionné un peu au-dessus de ce plafond de 20.000 euros, mais elle offre une meilleure autonomie qui fait totalement oublier le fameux Range Anxiety. Notre stratégies est plutôt celle-là. »
Genesis en Belgique?
La grande question de cette conférence de presse, c’était de savoir si Genesis allait finalement bien débarquer sur le marché belge? Dans une récente interview, Xavier Martinet avait laissé entendre que cela pourrait être le cas dès 2026.
Rappelons d’abord que Genesis, c’est la marque premium du groupe, fondée en 2015 et déjà bien implantée sur certains marchés comme la Corée ou les Etats-Unis. En tout, ce sont 20 marchés qui sont aujourd’hui couverts pour un total de 1,5 millions de véhicules vendus, dont 220.000 en 2025. L’objectif de Genesis, c’est d’atteindre 350.000 unités par an en 2030. Pour y arriver, la marque devra forcément attaquer de nouveaux marchés. En Europe, elle est proposée depuis 2021 en Allemagne et Suisse notamment. « Genesis est la pour rester en Europe », a confirme Peter Kronschnabl, Managing Director chez Genesis Motor Europe. « L’Italie vient tout juste d’être lancée, la France va suivre, tout comme les Pays-Bas et l’Espagne encore cette année. »
Et la Belgique? Le Managing Director ne donne pas encore de date de lancement, mais assure que la « Belgique figure bien sur le plan de déploiement de la marque », d’autant que notre marché « est un marché où le premium domine ». Patience, patience donc…