Peugeot Polygon Concept : un laboratoire roulant centré sur le volant Hypersquare
Peugeot vient de présenter Polygon, un concept car compact roulant de moins de 4 mètres, conçu pour tester en conditions réelles une nouvelle génération de Peugeot i-Cockpit. Le projet se structure autour de deux éléments clés : Hypersquare et la direction électronique steer-by-wire. Cette technologie est à l’étude depuis plus de huit ans, avec une première application attendue sur la future Peugeot 208 en 2027.
La poursuite du projet i-Cockpit
Peugeot nous a déjà habitués à des choix marqués, notamment avec un volant plus petit et placé très bas, qui peut parfois rendre la position de conduite moins confortable. Introduit il y a quatorze ans, l’i-Cockpit est devenu une signature.
Avec Hypersquare, la marque française ne parle pas seulement d’un changement de forme, mais d’une nouvelle ergonomie de poste de conduite et d’un contrôle 100 % électronique du véhicule. Le steer-by-wire supprime la liaison mécanique entre la commande et les roues. Cette logique s’articule autour de trois piliers : Agile – Fun – Durable.
Hypersquare : un volant rectangulaire
Fin du volant rond, place à un dispositif rectangulaire. Il intègre quatre anneaux lumineux aux quatre coins, accessibles du bout des doigts avec des commandes classiques habituellement positionnées sur un volant. À gauche, un sélecteur (stalk) pour engager la marche, en haut, des zones de préhension pour un grip additionnel et des ouvertures circulaires (holes) pour tourner.
Steer-by-wire : l’absence de liaison
Fin aussi de la liaison mécanique volant-roues. Une nouvelle expérience automobile, éprouvée depuis de nombreuses années dans l’industrie aéronautique. Tout est donc électronique et la démultiplication varie en fonction de la vitesse. Cela permet de combiner une facilité de manœuvre à basse vitesse et une précision à allure soutenue. La rotation maximale est de 170° dans chaque sens, avec l’objectif d’effectuer rapidement les manœuvres sans bouger les mains ni multiplier les tours de volant.
Techniquement, des capteurs détectent l’angle de la commande, un calculateur transmet l’information à deux moteurs électriques sur la crémaillère. Le dispositif repose sur deux boucles distinctes de vérification. En cas d’écart, le système bascule en mode “sécurité”, avec une limitation du fonctionnement à basse vitesse. À ce stade, la correction d’un déséquilibre repose sur une intervention humaine, et aucune procédure de mise à jour OTA (à distance) n’est prévue. Un moteur simule également la résistance de la route dans la commande, malgré l’absence de lien mécanique.
Le pare-brise écran : nouvel affichage immersif
Fin également de l’écran sur la planche de bord. Votre écran est désormais le pare-brise, les informations sont projetées via une dalle de Micro-LEDs derrière Hypersquare. Une dimension d’affichage qui devient importante : 24 cm de large x 74 cm de haut, soit un équivalent de 31 pouces.
Le dispositif est personnalisable, avec une logique distincte à l’arrêt, où les Micro-LEDs sont visibles de l’extérieur pour diffuser des animations, et en conduite, où des modes (Cruise, Fun, Hyper) modifient l’environnement visuel intérieur et extérieur. La projection juste sous le regard du conducteur vise à limiter la distraction au bénéfice de la sécurité.
La vitrine du futur design
Peugeot introduit une nouvelle face avant dessinée par des écrans Micro-LEDs, qui réinterprètent les trois griffes dans un traitement horizontal. Cette signature, animée à l’avant comme à l’arrière, varie selon différentes configurations de couleurs et de graphismes, avec une synchronisation entre les deux extrémités du véhicule pour créer une continuité visuelle.
Un écran Micro-LED intégré au niveau du montant C, à proximité du connecteur de recharge, permet de voir depuis l’extérieur le niveau de charge.
Polygon laisse deviner la ligne des modèles de demain : formes pures, simples et géométriques, ainsi que des touches de couleurs appliquées à plusieurs éléments, de la carrosserie aux roues, et des pneumatiques gravés au laser.
Durable, avec un peu de belgitude
La démarche vise à utiliser davantage de matériaux recyclés, à réduire le nombre de pièces et à privilégier des éléments remplaçables. La laque de peinture intérieure intègre des composants issus du recyclage de pneumatiques, tandis que l’habitacle est recouvert de textile forgé provenant de véhicules Peugeot déconstruits.
Pour les sièges, Polygon associe une coque imprimée en 3D et une mousse moulée d’une seule pièce, conçue en collaboration avec la société belge Sixinch. À l’usage, le ressenti surprend : l’assise apparaît confortable tout en restant enveloppante, avec une sensation de matière qui se « met à votre forme ».
Un essai surprenant
La prise en main s’est déroulée à l’intérieur d’un hangar, à une vitesse d’environ 20 km/h. D’abord au volant de Polygon, puis sur un véhicule mulet, une e-2008 équipée d’Hypersquare et du steer-by-wire, avant un retour dans une e-208 actuelle.
L’expérience se vit avec un petit décalage. On a tendance à trop braquer et à mettre plus d’angle que nécessaire. Puis, très vite, le geste devient intuitif et la conduite prend une dimension plus ludique, avec une impression d’agilité accrue. La commande (le volant) est agréable à tenir, le regard se place naturellement loin devant et le fait de ne jamais devoir tourner au-delà de 170 degrés rend l’ensemble simple, voire reposant.
Sur le véhicule mulet, la sensation se confirme : direction réactive, fluide, agile, avec une prise en main qui demande peu d’adaptation et un sentiment de contrôle conservé. Pour les manœuvres, la combinaison avec les assistances actuelles facilite encore l’exercice.
La comparaison marque ensuite : repasser dans une e-208 impose de nombreux mouvements de bras, là où Hypersquare apparaît plus fluide. Même le créneau s’est révélé moins précis.
Conclusion
Polygon Concept met surtout en évidence une rupture d’usage : Hypersquare et le steer-by-wire ne cherchent pas à « faire différent », mais à simplifier le geste et à rendre la direction plus intuitive. La démonstration est convaincante à faible vitesse, reste maintenant à vérifier la même évidence dans des conditions d’utilisation plus variées, avant un passage sur un véhicule de série.
