Recharge sur le lieu de travail : un levier stratégique qui s’impose dans les politiques fleet
La transition vers l’électrique ne se joue plus uniquement sur le choix des véhicules. Elle se concrétise désormais sur le terrain, et en particulier… sur le lieu de travail. C’est précisément autour de cette thématique que près de 80 facility et fleet managers se sont réunis lors d’une session organisée par en collaboration avec la Belgian Federation for Fleet & Mobility Managers (BFFMM), accueillie par Mercedes-Benz Belgium. Un événement volontairement compact et orienté pratique, qui a permis de faire le point sur un enjeu devenu central : le déploiement de l’infrastructure de recharge en entreprise.
Workplace charging : de contrainte à opportunité stratégique
Longtemps perçue comme un défi technique ou logistique, la recharge sur le lieu de travail s’impose aujourd’hui comme un véritable levier stratégique. Les échanges ont rapidement mis en évidence que le sujet dépasse largement l’installation de bornes.
Cadre réglementaire en évolution, exigences de sécurité, contraintes opérationnelles ou encore gestion de l’énergie : autant de dimensions que les entreprises doivent désormais intégrer dans une approche globale.
La conclusion est claire : le workplace charging devient un pilier des politiques de mobilité, au même titre que le choix des véhicules ou la gestion des coûts.
Un cadre légal et sécuritaire de plus en plus structurant
Un autre point central de la session concernait le cadre réglementaire, largement structuré par le Green Deal européen et sa déclinaison dans la directive EPBD (Energy Performance of Buildings Directive), récemment révisée en 2024. Celle-ci impose une transformation progressive des bâtiments vers des modèles zéro émission (ZEB), intégrant l’ensemble de leur cycle de vie, la sortie des énergies fossiles et une meilleure intégration des systèmes énergétiques.
Dans ce contexte, l’installation de bornes de recharge devient une obligation croissante, avec des exigences qui varient selon les régions belges mais convergent toutes vers un renforcement significatif.
En Flandre, par exemple, des obligations existent déjà depuis 2021 pour les parkings de plus de 10 places, avec un durcissement notable depuis janvier 2025 pour les sites de plus de 20 places.
Bruxelles impose également des quotas progressifs, avec jusqu’à 30 % des emplacements équipés à l’horizon 2035 pour certains parkings.
En Wallonie, les règles suivent une logique similaire avec des obligations minimales de points de recharge et de pré-équipement.
À noter que ces réglementations s’accompagnent de mécanismes de contrôle et de sanctions financières en cas de non-conformité. Pour les entreprises, cela confirme que la mise en place d’une infrastructure de recharge n’est plus seulement une démarche volontaire, mais bien une exigence légale structurante à anticiper dans toute stratégie immobilière et fleet.
Des défis opérationnels bien réels
Au-delà du cadre légal, la réalité du terrain reste complexe. Comment dimensionner correctement une infrastructure ? Comment gérer les pics de consommation ? Comment répartir l’usage entre collaborateurs ?
Ces questions opérationnelles ont été largement débattues, avec un constat partagé : il n’existe pas de solution universelle. Chaque entreprise doit adapter sa stratégie en fonction de ses usages, de ses contraintes énergétiques et de son organisation interne.
Coût du kWh, une variable à prendre en compte
Un élément particulièrement marquant de la présentation concernait l’impact du type de recharge sur le coût de l’énergie. Comme l’illustre clairement le graphique présenté lors de la session, le prix du kWh varie fortement selon l’endroit où le véhicule est rechargé. La recharge sur le lieu de travail apparaît comme la solution la plus économique, avec un coût moyen d’environ 0,20 €/kWh, contre 0,34 €/kWh à domicile. L’écart se creuse encore davantage avec la recharge publique (0,65 €/kWh) et atteint son maximum sur les bornes rapides (HPC), où le prix peut grimper jusqu’à 0,85 €/kWh, soit plus de quatre fois le coût du workplace charging.
Ces différences, pouvant aller jusqu’à +325 %, confirment que la stratégie de recharge joue un rôle déterminant dans le TCO des véhicules électriques. Pour les entreprises, favoriser la recharge sur site ne relève donc pas uniquement du confort pour les collaborateurs, mais constitue un levier direct d’optimisation des coûts et de maîtrise budgétaire.
La data et l’énergie au cœur du pilotage
L’un des enseignements majeurs de la session réside dans le rôle croissant de la gestion énergétique et de la data. Installer des bornes ne suffit plus : il faut pouvoir piloter intelligemment leur utilisation.
Les solutions de gestion permettent aujourd’hui d’optimiser la consommation, d’éviter les surcharges et de mieux répartir l’énergie disponible. Un enjeu d’autant plus crucial dans un contexte de pression sur les réseaux électriques et de hausse des coûts énergétiques.
Des retours d’expérience concrets pour guider les entreprises
Le panel de discussion, composé de Laetitia Van Hecke (Worldline), Jo Berghs (Jo Berghs bv – Assurances), Tom Cauwelier (Vinçotte), Serge Temmerman (Depannage 2000) et Dieter Segers (Smart Technology Manager de la Ville de Genk) a apporté une dimension particulièrement intéressante, en confrontant les participants à des cas réels. Ces organisations ont partagé leur approche, leurs difficultés et les solutions mises en place.
Ces retours d’expérience ont permis d’illustrer très concrètement les défis évoqués, mais aussi de démontrer que des solutions existent déjà sur le marché.
Une transformation des politiques de mobilité
En filigrane, c’est toute la politique de mobilité des entreprises qui évolue. La voiture de société ne peut plus être pensée indépendamment de son écosystème énergétique.
Le workplace charging devient ainsi un élément structurant, qui influence directement le TCO, l’expérience utilisateur et la capacité des entreprises à atteindre leurs objectifs de décarbonation.
Mercedes-Benz : une vision produit en soutien de la transition
En tant qu’hôte de l’événement, Mercedes-Benz Belgium a également présenté les principales nouveautés de sa gamme, tant actuelles qu’à venir, illustrant sa stratégie d’électrification: CLA, CLA Shooting Brake, GLB, GLC, mais aussi VLE, etc.
Une intervention qui s’inscrivait en complément des discussions, en rappelant que l’offre produit évolue rapidement, mais que son intégration réussie dépend avant tout de l’écosystème dans lequel elle s’insère.