Deux voitures de société sur trois sont désormais électrifiées : la bascule est actée
Le verdissement du parc automobile des voitures de société en Belgique n’est plus une tendance. C’est un basculement structurel. Les dernières données de l’ONSS montrent une accélération qui dépasse désormais le simple effet d’annonce politique : deux voitures de société sur trois sont aujourd’hui hybrides ou 100 % électriques.
En l’espace de quatre ans, la mutation est brutale. La part des véhicules thermiques est passée de 82,32 % en 2022 à seulement 31,83 % fin 2025. Dans le même temps, la voiture électrique s’impose comme première motorisation du parc avec 37,19 %, devant les hybrides (30,98 %). Ce renversement est tout sauf anodin : il marque la fin de la domination historique du thermique dans les politiques fleet belges, résultat de la loi Van Peteghem qui visait à verdir le parc fleet. L’objectif semble donc atteint.
Le signal le plus fort vient toutefois des plus récentes immatriculations. Au quatrième trimestre 2025, plus de 80 % des nouvelles voitures de société sont entièrement électriques. À l’inverse, les motorisations thermiques ne représentent plus que 4,77 % des nouvelles mises à la route, contre plus de 50 % début 2022.
Les émissions de CO2 dégringolent
Ce mouvement est évidemment tiré par la fiscalité, mais réduire cette transformation à un simple effet d’optimisation fiscale serait une erreur d’analyse. Ce que révèlent ces chiffres, c’est une adaptation rapide des entreprises à un nouveau paradigme de mobilité, où l’électrique devient la norme opérationnelle et non plus une alternative.
L’impact environnemental est tangible. Les émissions moyennes de CO₂ par voiture de société ont chuté de près de moitié en quatre ans, passant de 120 à 61 g/km. À l’échelle du parc roulant belge – environ 580.000 véhicules – les émissions globales suivent la même trajectoire, avec une baisse significative.
Mais attention à ne pas tirer de conclusions trop rapides. Une flotte plus électrique ne signifie pas automatiquement une mobilité plus durable. La question de l’usage, du kilométrage et du mix énergétique reste centrale. Une voiture électrique reste une voiture… et continue de générer du trafic. D’où l’idée du gouvernement de contraindre les entreprises de plus de 50 travailleurs à mettre en place, dès janvier 2027, le budget de mobilité.
22% des travialleurs ont une voiture de société
Autre point à surveiller : la dépendance croissante des entreprises à une seule technologie. En basculant massivement vers l’électrique, les gestionnaires de flotte réduisent leur flexibilité face à des enjeux comme les infrastructures de recharge, les coûts énergétiques ou la valeur résiduelle.
Enfin, un chiffre mérite d’être remis en perspective : 22 % des travailleurs belges disposent toujours d’une voiture de société, une proportion stable. Cela signifie que la transformation est qualitative, pas quantitative. Le modèle de la voiture de société ne recule pas… Il se transforme.

