Publié le 26 août 2026 à 08:24
par Damien Malvetti

Enquête SD Worx: seul un travailleur sur quatre opterait pour le budget mobilité 

Bien que les grands employeurs soient tenus de proposer un budget mobilité à partir de 2027, les entreprises belges comptant au moins 250 travailleurs ne s’attendent pas à ce que les travailleurs abandonnent massivement leur voiture de société. Selon leurs estimations, seuls 26 % des travailleurs disposant d’une voiture de société devraient opter pour ce dispositif. C’est ce qui ressort d’une étude menée par SD Worx auprès de 250 grands employeurs en Belgique. Plus de la moitié d’entre eux anticipent par ailleurs que les travailleurs utiliseront principalement ce budget pour opter à nouveau pour une voiture, cette fois 100 % électrique. Les entreprises indiquent également qu’en moyenne, 40 % de leurs voitures de société sont indispensables aux déplacements professionnels, tels que les visites chez les clients. Pour de nombreux collaborateurs, la voiture reste donc un outil de travail indispensable.

enquete budget mobilité
AI: gpt-image

Les employeurs anticipent un intérêt limité 

Avec l’obligation qui entrera en vigueur en 2027, la question évolue : il ne s’agit plus seulement de savoir si les entreprises sont prêtes, mais aussi de déterminer si le budget mobilité sera effectivement utilisé. Bien que celui-ci soit souvent présenté comme une alternative à la voiture de société, les employeurs ne s’attendent pas à ce que les travailleurs y adhèrent massivement. Ils évaluent l’intérêt moyen à 26 %. Seul un quart des entreprises estime que plus de 40 % des travailleurs concernés feront le choix de ce budget. 

Quatre employeurs sur dix préparent l’introduction du budget mobilité 

L’obligation approche à grands pas. Aujourd’hui, 18 % des grandes entreprises belges ont déjà mis en place un budget mobilité et 19 % supplémentaires se disent déjà bien préparées à sa mise en place. Le groupe le plus important, soit 38 %, est en pleine préparation : calcul des budgets, installation et intégration d’une solution logicielle, notamment.  Par ailleurs, 21 % espèrent encore que l’obligation sera reportée. 

Ceux qui optent pour le budget mobilité choisissent souvent encore une voiture 

Principal enseignement : les employeurs pensent que les travailleurs utiliseront avant tout leur budget mobilité pour choisir une voiture électrique. Selon plus de la moitié des entreprises (52 %), ces derniers opteront avant tout pour une voiture 100 % électrique. « Ce serait nettement supérieur à ce que nous observons aujourd’hui : actuellement, seuls 5 % environ des bénéficiaires consacrent leur budget mobilité au choix d’une voiture. Le remboursement des frais de logement est aujourd’hui le choix le plus populaire », explique Ayoub Lamrini, Conseiller juridique SD Worx. Les employeurs estiment également que cette option restera importante : le remboursement des frais de logement arrive en deuxième position (41 %), devant les solutions de mobilité durables telles que les transports en commun, le vélo ou la mobilité partagée (34 %).

Le budget mobilité pourrait ainsi, dans un premier temps, davantage contribuer à verdir le parc automobile plutôt qu’à réduire sensiblement le nombre de voitures de société. 

Quatre voitures de société sur dix sont utilisées pour les visites clients

Si les employeurs s’attendent à un intérêt limité pour le budget mobilité, cela tient aussi au rôle que joue la voiture dans le travail quotidien. Selon les entreprises interrogées, 40 % en moyenne de leurs voitures de société sont nécessaires pour les déplacements professionnels. Chez un quart des grands employeurs, cette proportion atteint même au moins 63 % des véhicules. Pour les travailleurs qui rendent régulièrement visite à des clients, se déplacent entre différents sites ou sont souvent sur la route, la voiture demeure dès lors un outil de travail essentiel. 

Ayoub Lamrini, Advanced Conseiller juridique SD Worx, résume : « Le budget mobilité s’impose progressivement comme une composante à part entière de la politique de rémunération, mais les employeurs ne prévoient pas à un ’abandon massif de la voiture de société. Cela s’explique non seulement par la valeur accordée à cet avantage, mais aussi par la réalité de nombreuses fonctions. Selon les employeurs, quatre voitures de société sur dix sont en moyenne nécessaires pour les déplacements professionnels. Pour un groupe important de travailleurs, la voiture reste donc avant tout un outil de travail. Nous nous attendons dès lors à ce que le budget mobilité contribue surtout à poursuivre le verdissement du parc automobile, plutôt qu’à entraîner une réduction rapide du nombre de voitures. » 

Le spécialiste poursuit : « Lorsque le travailleur n’a pas besoin d’une voiture pour exercer sa fonction et qu’il remplit les conditions pour le remboursement de ses frais de logement, il est plus probable que le budget mobilité l’incite à renoncer à sa voiture. »

Les employeurs redoutent une hausse des coûts 

Selon les employeurs, l’introduction du budget mobilité s’accompagne de plusieurs défis. Un tiers d’entre eux (34 %) s’attend à une hausse des coûts. Par ailleurs, 33 % évoquent des difficultés logistiques, comme la nécessité de disposer d’infrastructures de recharge supplémentaires. La complexité administrative reste également un point d’attention majeur : 32 % prévoient une charge de travail supplémentaire pour les RH, notamment pour calculer les budgets et accompagner les travailleurs dans leurs choix. Enfin, 30 % craignent une résistance à la voiture électrique. Parmi les autres préoccupations figurent le manque d’intérêt des travailleurs (21 %), une connaissance limitée du dispositif (19 %) et les contrats de leasing en cours, que les employeurs préfèrent ne pas résilier prématurément afin d’éviter des coûts supplémentaires (18 %).

« La mise en œuvre réussie d’un budget mobilité nécessite davantage qu’une simple adaptation de la politique de mobilité. Les employeurs doivent souvent relier différents systèmes RH, de paie, de gestion de flotte et de mobilité. Une approche intégrée, accompagnée d’une communication anticipée auprès des travailleurs, permet d’éviter une grande partie de la complexité administrative et de mieux les guider dans leurs choix », conclut Ayoub Lamrini, Conseiller juridique SD Worx.

Damien Malvetti

Damien Malvetti, rédacteur de cet article

Damien Malvetti a une formation de journaliste et est passionné par les voitures, la technologie et la mobilité. Il est responsable du contenu éditorial de link2fleet et possède une connaissance approfondie du secteur des flottes et de la mobilité électrique.

Cet article parle de : A la une, Gestion de flotte, Tax & legal
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