EV Belgium: « les automobilistes belges doivent épargner 1,8 milliard d’euros de coûts d’énergie grâce à l’électrification »
Les prix à la pompe partent à nouveau à la hausse: le 10 septembre, le prix officiel maximum pour le diesel B7 était de 2,356 € le litre et de 2,058€/litre pour l’essence 95 E10 (SPF Economie). Pour EV Belgium, cette évolution confirme que le switch vers la mobilité électrique n’est plus seulement une question de climat, mais aussi de plus en plus une question de pouvoir d’achat, de politique énergétique et d’indépendance géopolitique. À l’occasion de la présentation de sa nouvelle Charte 2030, la fédération sectorielle estime que la perspective d’un parc automobile comptant deux millions de véhicules électriques d’ici 2030 devient de plus en plus réaliste et constitue un objectif atteignable, pour autant que les bons choix politiques soient faits dès aujourd’hui.
Des mesures tarifaires temporaires à une politique structurelle
Selon EV Belgium, les prix actuels à la pompe montrent surtout que la Belgique doit aller au-delà des interventions temporaires lorsque les prix du pétrole augmentent. La Charte – qui a été signée aujourd’hui à Thor Park Genk par les membres d’EV Belgium – met en avant trois priorités:
- Poursuivre de manière cohérente le transfert de la fiscalité de l’électricité vers les combustibles fossibles;
- Soutenir le marché des véhicules électriques pour les particuliers, grâce au leasing privé et à un marché de l’occasion solide;
- Transposer la directive RED III d’ici 2027, afin que les conducteurs particuliers de véhicules électriques puissent eux aussi bénéficier de la valeur économique de l’électricité renouvelable.
EV Belgium salue le transfert fiscal déjà engagé, qui réduit l’écart de prix entre les combustibles fossiles et l’électricité, mais le qualifie explicitement dans sa Charte de « première étape, et non de finalité ».
« Nous devons oser poser la question structurelle : pendant combien de temps voulons-nous maintenir notre mobilité dépendante d’une source d’énergie dont la Belgique ne contrôle ni la production ni le prix sur les marchés internationaux ? », déclare Philippe Vangeel, directeur d’EV Belgium.
La Belgique importe la totalité du pétrole utilisé pour le transport routier : toute hausse des prix internationaux du pétrole se traduit directement par une augmentation des coûts pour les ménages et les entreprises. L’électricité peut, en revanche, être produite en Belgique et en Europe. Les signataires de la Charte présentent dès lors explicitement la mobilité électrique comme un instrument d’autonomie stratégique : plus l’électrification progressera rapidement, moins les ménages et les entreprises seront vulnérables aux chocs géopolitiques sur les marchés du pétrole et du gaz.
« La mobilité électrique ne relève pas uniquement de la politique climatique. Elle concerne également le pouvoir d’achat, l’énergie et la géopolitique. Chaque kilomètre que nous pouvons parcourir grâce à de l’électricité belge et européenne plutôt qu’avec du pétrole importé réduit cette dépendance », souligne Philippe Vangeel, directeur d’EV Belgium.
L'économie est réelle pour les conducteurs belges
Une voiture personnelle belge roule en moyenne 14.172 kilomètres par an (Car-Pass). Sur cette base, EV Belgium a caclulé le coût énergétique indicatif pour une voiture fossile vs une voiture électrique :
| Coût par 100 km | Coût par an | Economie | |
| Voiture à carburant fossil | +/- 13,2€ | +/- 1.875€ | +/- 925€/an |
| Voiture électrique | +/- 6,7€ | +/- 950€ |
Ainsi, un conducteur d’EV économise facilement 925 euros par an – l’économie exacte dépend du véhicule, de la consommation et des coûts de recharge, mais l’ordre de grandeur est clair. Adapté à l’ensemble du parc roulant belge de 2 millions de véhicules électriques en 2030, cette différence grimpe à plus ou moins 1,8 milliard d’euros par an comparée aux coûts du diesel ou de l’essence.
Aujourd’hui, la Belgique doit principalement sa solide position en matière d’électromobilité aux voitures de société : environ 89 % des véhicules électriques nouvellement immatriculés sont des voitures de société. Pour parvenir à une transition structurelle, le marché des particuliers doit désormais suivre. Plusieurs analyses montrent par ailleurs que le prix d’achat des véhicules électriques ne constitue plus un obstacle, puisque, dans presque tous les segments, les véhicules neufs affichent des prix comparables, qu’ils soient électriques ou thermiques.
Pour les véhicules utilitaires et les poids lourds, la consommation annuelle de carburants fossiles est nettement plus élevée, tout comme leur exposition aux prix élevés du diesel. C’est précisément dans ces catégories que la Belgique doit encore rattraper un retard important.
Philippe Vangeel ajoute : « Qui évalue aujourd’hui l’impact financier pour le secteur belge du transport, dans lequel certains véhicules parcourent plus de 100.000 kilomètres par an ? Ce sera notre prochain exercice. »
Charte 2030: nouvelle stratégie, nouvelle identité
La Charte fait de l’objectif de deux millions de véhicules électriques d’ici 2030 sa vision centrale pour l’avenir. Cet objectif est associé à un doublement de l’infrastructure publique de recharge, à un réseau électrique intelligent et flexible ainsi qu’à une mobilité électrique qui demeure l’option la moins chère pour les citoyens. EV Belgium ne demande pas le rétablissement de primes générales à l’achat, mais un cadre prévisible rendant la conduite électrique structurellement attractive.
Outre la mise en œuvre cohérente du glissement fiscal, les signataires de la Charte demandent :
- un marché de l’occasion plus solide, également accessible grâce au leasing privé ;
- les obligations et les innovations nécessaires pour permettre une recharge intelligente à faible coût ;
- un cadre RED III permettant également aux particuliers de bénéficier de la valeur de l’électricité renouvelable.
L’actualité relative aux prix à la pompe rejoint ainsi directement le cœur de la Charte 2030 : ne pas attendre que des chocs extérieurs nous contraignent à agir, mais organiser structurellement la transition.
À l’occasion de la présentation de la Charte, EV Belgium dévoile également sa nouvelle identité visuelle. Celle-ci symbolise la transition que connaît aujourd’hui le marché belge des véhicules électriques : il passe d’un marché pionnier, axé sur un déploiement rapide, à un écosystème mature dans lequel la qualité, l’accessibilité financière et la confiance des utilisateurs occupent une place centrale.
La Charte décrit cette évolution comme le passage « du déploiement à la maturité » : il ne s’agit plus uniquement de multiplier les véhicules électriques et les points de recharge, mais de proposer une offre adaptée, au bon endroit, à des prix transparents et avec une expérience utilisateur fiable.
« Avec les prix actuels de l’énergie, nous sommes plus convaincus que jamais que l’objectif de deux millions de voitures particulières électriques d’ici 2030 est réaliste. La technologie est disponible, le réseau de recharge se développe et l’argument économique en faveur de l’électrique devient de plus en plus solide pour l’automobiliste », conclut Philippe Vangeel.

