Recharge à l’étranger : la mauvaise surprise qui attend de nombreux conducteurs de voitures de société
Partir en vacances ou en déplacement professionnel avec une voiture électrique est aujourd’hui devenu une évidence. Les infrastructures de recharge se sont densifiées partout en Europe et l’autonomie des modèles récents permet d’enchaîner les longs trajets sans difficulté majeure. Pourtant, un piège subsiste : le coût de la recharge publique, particulièrement à l’étranger. Une récente enquête menée en France met en évidence des écarts de prix pouvant atteindre près de 500 % pour une recharge identique, selon le badge ou l’application utilisés. Un même kWh peut ainsi coûter de quelques dizaines de centimes à plus d’un euro, sans que le conducteur en soit toujours conscient au moment de brancher son véhicule.
Quand la car policy s'arrête à la frontière
De nombreuses entreprises belges ont investi dans une solution de recharge complète : borne à domicile, remboursement automatique de l’électricité, carte de recharge publique nationale et parfois même accès à un vaste réseau européen.
Mais ce n’est pas une généralité. Dans beaucoup de car policies, les recharges effectuées à l’étranger — notamment pendant les vacances — restent à charge du conducteur. Celui-ci doit alors utiliser sa propre carte de recharge, une application mobile ou encore sa carte bancaire pour alimenter son véhicule.
Le problème est qu’il découvre souvent le prix… une fois la session terminée.
Que ce soit pour les conducteurs qui utilisent leur propre option de recharge ou pour les entreprises qui mettent à disposition une solution de recharge à l’étranger, le coût est donc difficile à estimer.
Une facture difficile à anticiper
Contrairement aux stations-service traditionnelles, le prix d’une recharge publique dépend d’une multitude de paramètres :
- l’opérateur de la borne ;
- le fournisseur de la carte de recharge (eMSP) ;
- le mode de paiement (badge, application ou carte bancaire) ;
- la puissance de la borne ;
- d’éventuels frais fixes de connexion ;
- une facturation au kWh, à la minute… ou une combinaison des deux.
Résultat : deux conducteurs branchés sur la même borne peuvent payer des montants très différents. Les associations de consommateurs dénoncent d’ailleurs un manque de transparence qui complique toute comparaison avant la recharge.
Une nouvelle responsabilité pour les conducteurs
Avec un véhicule thermique, le conducteur choisissait simplement la station affichant le meilleur prix.
En électrique, il doit également choisir le bon badge.
Cette nouvelle réalité suppose une certaine préparation avant le départ :
- comparer les cartes de recharge disponibles ;
- vérifier les tarifs dans le pays de destination ;
- identifier les réseaux partenaires ;
- privilégier les applications qui affichent le prix réel avant le lancement de la recharge.
Pour les conducteurs qui ne rechargent que ponctuellement à l’étranger, l’écart de coût peut rapidement représenter plusieurs dizaines, voire une centaine d’euros sur un trajet de vacances.
Aussi un impact pour les entreprises
Même lorsque l’entreprise ne rembourse pas les recharges privées à l’étranger, elle reste concernée.
Un collaborateur confronté à une facture de recharge particulièrement élevée risque de développer une perception négative du véhicule électrique. Or, l’expérience utilisateur constitue aujourd’hui un élément clé dans l’acceptation des politiques d’électrification.
Les gestionnaires de flotte ont donc tout intérêt à communiquer clairement sur ce qui est — ou non — pris en charge par l’entreprise, à recommander quelques cartes offrant de bonnes conditions d’itinérance européenne et à sensibiliser les conducteurs aux différences tarifaires.
Vers davantage de transparence ?
La réglementation européenne évolue progressivement. Les nouvelles exigences issues du règlement AFIR favorisent notamment la généralisation du paiement direct par carte bancaire et imposent un affichage plus transparent des prix sur les nouvelles infrastructures de recharge. Toutefois, le marché reste aujourd’hui très fragmenté, avec de nombreux intermédiaires qui appliquent chacun leur propre politique tarifaire.
En attendant une harmonisation plus poussée, la meilleure protection du conducteur reste l’information.
Car si l’autonomie n’est plus vraiment une source d’anxiété, le prix de la recharge, lui, peut encore réserver quelques mauvaises surprises.