Attentia révèle, grâce à de nouveaux calculs, l’impact fiscal total des voitures de société
Aujourd’hui, une voiture de société génère nettement plus d’impôts et de cotisations qu’il n’y paraît à première vue. C’est ce qui ressort d’un nouveau calcul réalisé par le prestataire de services RH Attentia pour l’année de revenus 2026. Pour une voiture essence, l’ensemble des prélèvements atteint 89,2 % du prix de revient du véhicule, hors TVA. Ce taux s’élève à 53,1 % pour un hybride rechargeable et à 26,4 % pour un véhicule 100 % électrique.
Le traitement fiscal des voitures de société est complexe. Différents impôts et cotisations sont prélevés tant au niveau de l’employeur que du travailleur. Il n’est donc pas toujours évident de déterminer l’impact fiscal total d’une voiture de société.
Afin d’obtenir une vue d’ensemble, Yves Labeeu, legal consultant chez Attentia, a calculé, pour l’année de revenus 2026, le montant total des impôts et cotisations liés à la mise à disposition d’une voiture de société. Il a ensuite comparé ces prélèvements au coût d’un véhicule représentatif, hors TVA.
Jusqu’à 89,2 % du coût de la voiture en prélèvements
Pour une voiture essence représentative, l’ensemble des impôts et cotisations représente 89,2 % du coût du véhicule, hors TVA. Pour un hybride rechargeable, cette proportion atteint 53,1 %. Dans le cas d’une voiture 100 % électrique, elle s’élève à 26,4 % en 2026. À partir de 2027, son coût fiscal augmentera toutefois progressivement pour l’employeur.
| Type de véhicule de société | Impôt total comparé au prix HTVA |
| Essence | 89,2% |
| Plug-in hybride | 53,1% |
| 100% électrique | 26,4% |
Yves Labeeu: “Les chiffres montrent que l’impact d’une voiture de société dépend fortement du type de voiture. Les voitures à essence et plug-in hybrides génèrent aujourd’hui un apport important en termes d’impôts et de contributions. Pour les voitures de société à essence, cette imposition grimpe jusqu’à 89.2% du prix de la voiture, HTVA. En d’autres termes: pour une voiture de société à essence, on paie quasi autant d’impôts que la valeur du véhicule » .
Quels impôts sont pris en compte?
Pour arriver à ces pourcentages, différents impôts et taxes ont été pris en compte:
- 65% de TVA non récupérable;
- la cotisation patronale CO₂ due à l’ONSS (indexée chaque année et assortie d’un coefficient multiplicateur qui augmente au fil du temps);
- l’impôt des personnes physiques (avec retenue du précompte professionnel à la source) sur l’avantage imposable (ATN) lié à la voiture de société (avec un montant minimum indexé chaque année et une augmentation annuelle résultant de la baisse des émissions de CO₂ de référence) ;
- la non-déductibilité fiscale (dépense non admise à l’impôt des sociétés) liée au niveau des émissions de CO₂ et au type de carburant ;
- la non-déductibilité fiscale (dépense non admise à l’impôt des sociétés) liée au montant de l’avantage imposable ;
- la taxe de mise en circulation (TMC) ;
- la taxe annuelle de circulation ;
- les accises (auxquelles s’ajoute encore la TVA) comprises dans le prix du carburant.
Ces différents impôts sont répartis entre l’employeur et l’employé et entre les niveaux de pouvoir régionaux et fédéral. C’est pourquoi ils ne sont pas directement visibles sur une fiche de salaire ou une fiche d’impôts. C’est précisément cette fragmentation qui rend difficile, à première vue, l’évaluation de la pression fiscale totale qui pèse sur une voiture de société.
Voitures de société électriques : 2026, une année de transition
Le chiffre de 26,4 % pour les voitures de société électriques doit par ailleurs être replacé dans son contexte. La déductibilité fiscale des voitures électriques sera progressivement réduite au cours des prochaines années.
- acquises à partir de 2027 : déductibilité de 95 % ;
- acquises à partir de 2028 : déductibilité de 90 % ;
- acquises à partir de 2029 : déductibilité de 82,5 % ;
- acquises à partir de 2030 : déductibilité de 75 % ;
- acquises à partir de 2031 : déductibilité de 67,5 %.
La pression fiscale sur les voitures de société électriques augmentera donc progressivement au cours des prochaines années. Le taux de 26,4 % calculé pour 2026 ne reflète dès lors pas encore la situation à plus long terme.
Que signifient ces chiffres?
Le calcul montre surtout qu’il n’existe pas un régime fiscal unique pour « la voiture de société ». La pression fiscale totale varie considérablement en fonction du type de véhicule.
Yves Labeeu: “Les discussions autour de la voiture de société se concentrent généralement sur l’avantage fiscal pour le collaborateur. Notre calcul montre que la réalité est bien différente. Celui qui souhaite juger l’impact fiscal doit prendre en compte l’ensemble des taxes et impôts. C’est seulement alors qu’on a une vue complète ».

