Publié le 22 septembre 2026 à 18:15
par Experts Onze experten

« Les prix de l’énergie ne sont pas le seul facteur qui impactent votre budget fleet »

Depuis plusieurs mois déjà, les prix du diesel et de l’essence sont extrêmement élevés, tandis que les tarifs de l’électricité continuent à évoluer en ces temps incertains. Pour les entreprises, cela se traduit par des coûts opérationnels plus élevés pour le parc automobile. Mais le vrai problème se situe ailleurs. Bien qu’en tant que gestionnaire de flotte, vous n’avez pas de contrôle sur les prix de l’énergie, il est tout à fait possible de gérer une grande partie des autres coûts. Malheureusement, ceux-ci ne sont pas toujours bien visibles, sont mal mesurés et rarement activement gérés.

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AI: gpt-image

En Belgique, le prix de l’essence a augmenté de quelque 10% en deux ans. Pour le diesel, un passage à la pompe est devenu entre 15 et 20% plus cher. Les prix de l’électricité ont suivi une tendance plus ou moins similaire, même si on en parle beaucoup moins.

Prenons un exemple fictif pour montrer de façon clair l’impact de ces augmentations. Imaginez une entreprise qui dispose d’une flotte de 100 véhicules à moteurs thermiques, qui parcourent chacun plus ou moins 25.000 km/an, avec une consommation moyenne de 6,5 l/100 km. Pour l’organisation, cela signifie une consommation totale de 162.000 litres. Si on considère que les prix du carburant ont augmenté de 0,23 euros/litres en deux ans, cela induit une augmentation des coûts de plus ou moins 37.000 euros sur base annuelle.

Dans ce scénario, les véhicules sont utilisés de la même manière qu’auparavant. La seule différence est l’augmentation de carburant, avec pour conséquence une forte augmentation des coûts. Cela montre que les entreprises n’ont pas de contrôle sur les évolutions dans le marché de l’énergie. Mais elles disposent cependant bien d’outils pour garder à l’œil les coûts de leur flotte: le comportement de conduite, les habitudes de recharge, les habitudes d’usage et l’optimisation des routes sont aujourd’hui peu mesurés et rarement activement gérés. Mais ce sont précisément ces facteurs qui aident à compenser une partie des coûts en augmentation et à les garder à nouveau sous contrôle.

Sylvie Verboomen targa

Le coût réel de votre flotte va bien au-delà des prix de l'énergie

Bien qu’on ne puisse pas spéculer sur l’évolution des prix des carburants et de l’énergie dans les prochains mois, les organisations ont tout de même les cartes en main pour diriger une grande partie des dépenses de leur parc automobile. Au lieu de simplement suivre les dépenses, les entreprises doivent être en mesure de comprendre d’où viennent les coûts. Et cela ne peut se faire qu’en regardant l’usage quotidien qui est fait de ces véhicules.

Le coût total de possession (TCO) d’un véhicule ne se limite évidemment pas à son prix d’achat. Son utilisation réelle joue un rôle déterminant. Le comportement de conduite, les itinéraires choisis, la fréquence des arrêts ainsi que les habitudes de ravitaillement ou de recharge ont tous une incidence directe sur les coûts d’exploitation. Malheureusement, ces aspects restent souvent peu visibles pour les gestionnaires de flotte.

Pour les véhicules électriques, ce phénomène est encore plus marqué. Le recours systématique à la recharge rapide, plutôt qu’à la recharge à domicile ou sur le lieu de travail, peut entraîner d’importantes différences de coûts. Une conduite dynamique ou des trajets mal planifiés peuvent également accroître la consommation d’énergie. Ainsi, deux véhicules électriques identiques peuvent présenter des coûts d’exploitation différents, simplement parce qu’ils sont utilisés différemment au quotidien.

De l’intuition aux décisions fondées sur les données

Dans le contexte actuel, il ne suffit plus de se fier uniquement à l’expérience ou à l’intuition. Les solutions télématiques permettent d’aller plus loin. Elles donnent aux organisations la possibilité de collecter et d’analyser automatiquement des données issues de différentes sources afin de détecter les anomalies, les inefficacités et les possibilités d’optimisation. Les données brutes sont ainsi transformées en recommandations concrètes, directement applicables par les gestionnaires de flotte.

Il devient par exemple possible de détecter le recours répété à des bornes de recharge rapide ou de constater qu’un véhicule emprunte des itinéraires inefficaces. Les données permettent également de repérer les comportements de conduite énergivores. Grâce à ces informations, l’organisation peut prendre des mesures ciblées : sensibiliser les conducteurs, adapter sa politique interne, améliorer ses stratégies de recharge ou revoir l’attribution des véhicules. Les données deviennent ainsi un outil d’aide à la décision. Les organisations comprennent non seulement l’origine de leurs coûts, mais aussi comment les maîtriser et les réduire.

La télématique peut même guider le choix des véhicules. Grâce aux données, les gestionnaires de flotte peuvent évaluer le potentiel de l’électrification. Une personne qui effectue quotidiennement de courts trajets présente le profil idéal pour un véhicule électrique. À l’inverse, une personne qui parcourt régulièrement de longues distances ou dispose d’un accès limité aux infrastructures de recharge peut, à ce stade, tirer davantage parti d’un véhicule essence peu gourmand en carburant.

Tous les véhicules de société ne se prêtent pas encore de la même manière à l’électrification. Les données peuvent néanmoins montrer qu’une grande partie d’entre eux peut être électrifiée sans incidence sur les activités quotidiennes. Comme les hausses du prix des carburants sont souvent plus importantes que celles de l’électricité, les flottes d’entreprise disposent ici d’un réel potentiel d’économies. La télématique peut également révéler que certains véhicules restent trop souvent immobilisés tout en continuant à générer des coûts fixes. Tous ces constats peuvent avoir une incidence importante sur les dépenses liées au parc automobile.

Dans la pratique, les données permettent de mettre en lumière des situations qui passeraient autrement inaperçues : véhicules sous-utilisés, recours fréquent à des bornes de recharge coûteuses, périodes d’immobilisation excessivement longues ou itinéraires non optimisés. Prises séparément, ces inefficacités peuvent sembler négligeables. À l’échelle d’une flotte entière, elles représentent toutefois chaque année des milliers d’euros de dépenses évitables.

Jusqu'à 25% de coûts d'énergie en moins

Dans un contexte incertain, marqué par la volatilité des prix de l’énergie, toute forme d’inefficacité peut avoir des conséquences financières importantes. Les organisations performantes ne se contentent donc pas de recenser leurs coûts : elles exploitent les données pour comprendre, anticiper et agir. Selon plusieurs études sectorielles, les flottes équipées de solutions télématiques peuvent réduire leurs dépenses de carburant et d’énergie de 20 à 25 %. Il existe donc un véritable potentiel d’amélioration de la rentabilité du parc automobile, même dans cette période instable.

Alors que les entreprises n’ont aucune maîtrise sur les fluctuations du prix des carburants ou de l’électricité, les données constituent l’un des rares leviers qu’elles peuvent actionner immédiatement. Lorsqu’elles parviennent à convertir ces données en décisions opérationnelles, elles sont mieux préparées à absorber les hausses de prix et peuvent améliorer durablement les performances et la rentabilité de leur flotte.

Auteur: Sylvie Verboomen, International Key Account Manager Targa Telematics

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Experts Onze experten, rédacteur de cet article

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