Fleet test Leapmotor B03X : il en offre beaucoup pour un petit budget
Avec le B03X, Leapmotor lance sur le marché un crossover électrique compact qui entend avant tout séduire par son prix, son espace intérieur et ses qualités pratiques. En plus, il offre un bon confort de conduite, mais ne vous attendez pas à un modèle d’ergonomie.
Il n’y a encore pas si longtemps, Leapmotor était pratiquement inconnu dans nos contrées. Mais grâce à sa coentreprise avec Stellantis, la marque chinoise se développe à un rythme soutenu. Après les SUV C10 et B10, la petite citadine T03 et, plus récemment, la berline compacte B05, le constructeur présente désormais le B03X, un crossover compact. Ce n’est pas fini, puisque le Salon de Paris sera l’occasion de découvrir la citadine B03 (sans X, donc) et – peut-être – également le grand SUV D19…
Particulièrement spacieux pour son segment
Sur plusieurs points, Leapmotor a particulièrement bien fait ses devoirs avec le B03X. Il ne mesure que 4,27 mètres de long, mais affiche un généreux empattement de 2.605 mm. Le résultat se remarque dès que l’on monte à bord : l’espace est étonnamment généreux à l’avant comme à l’arrière et, surtout, la place réservée aux jambes des passagers arrière donne l’impression de se trouver dans une voiture de catégorie supérieure.
Dans le même temps, le B03X reste parfaitement adapté à la ville. Non seulement grâce à ses dimensions extérieures compactes, mais aussi à son diamètre de braquage de seulement 10 mètres. Les manœuvres et demi-tours dans les rues étroites s’effectuent ainsi avec une facilité remarquable. Seul bémol : la visibilité trois-quarts arrière n’est pas optimale en raison de montants C particulièrement épais.
Des astuces bien pensées
Transporter des bagages se fera aisément. Le coffre se montre très généreux avec un volume de 510 litres qui passe à 1.605 litres une fois la banquette arrière rabattue. Précisons toutefois que 105 litres de ce volume se trouvent sous le plancher de chargement, dans un compartiment réalisé dans un matériau lavable et doté, en son centre, d’un bouchon d’évacuation.
Cette Giga Box nous fait tout de même furieusement penser à la fameuse Megabox du Ford Puma. Mais mieux vaut une bonne idée empruntée qu’une mauvaise idée originale, comme on dit. Et il est vrai que ce compartiment est idéal pour ranger, par exemple, des chaussures ou des bottes sales, un câble de recharge souillé ou tout autre objet que l’on préfère garder séparé du reste des bagages.
Autre détail pratique : la banquette arrière. Non seulement son dossier peut être rabattu en deux parties asymétriques, mais l’assise peut elle aussi être relevée selon la même répartition. Une astuce qui semble cette fois empruntée à la Honda Jazz, à ceci près qu’ici, les assises pivotent dans l’autre sens. Leapmotor reprend même la même appellation : Magic Seats. Dans tous les cas, le résultat est identique : on obtient derrière les sièges avant un espace en hauteur permettant, par exemple, de transporter une grande plante à la verticale.
Tous les détails ne sont toutefois pas aussi bien pensés. La plage arrière, par exemple, ne se soulève pas lorsque l’on ouvre le hayon. Il faut donc la relever séparément chaque fois que l’on souhaite charger des objets plus volumineux dans le coffre… même si les responsables de Leapmotor nous ont assuré qu’une solution serait trouvée avant la livraison des premiers exemplaires aux clients.
Un minimalisme qui a ses revers
L’intérieur présente un aspect moderne et se montre particulièrement soigné pour ce niveau de prix, avec un grand écran tactile central de 14,6 pouces et un combiné d’instruments numérique de 8,8 pouces face au conducteur. Apple CarPlay et Android Auto sont également de la partie.
Leapmotor a poussé particulièrement loin la suppression des boutons physiques. Trop loin, à notre goût. Comme c’est de plus en plus souvent le cas aujourd’hui, même le réglage des rétroviseurs extérieurs nécessite d’abord de sélectionner la fonction correspondante sur l’écran central, avant d’utiliser les commandes au volant.
On finit certes par s’y habituer, mais un simple bouton sur le panneau de porte serait plus rapide et plus intuitif. On s’attendrait d’ailleurs également à y trouver – ou sur la console centrale – une commande permettant de verrouiller ou déverrouiller les portes. Mais non : celle-ci se trouve… sur le volant. Il s’agit toutefois de l’un des rares boutons à ne remplir qu’une seule fonction.
L’utilisation de certaines fonctions de conduite demande elle aussi un temps d’adaptation. Lors d’une première prise en main, par exemple, tout le monde ne comprendra pas immédiatement comment activer le régulateur de vitesse. Un constat qui contraste quelque peu avec l’affirmation de Leapmotor selon laquelle la facilité d’utilisation et l’ergonomie intuitive ont occupé une place centrale dans le développement du B03X.
Stefan De Smedt, general manager de Leapmotor Belux, nous a confié que la marque espérait, avec ce nouveau modèle compact, parvenir à se faire une place sur le marché de la location à court terme. Mais pour une voiture appelée à changer régulièrement de conducteur, une logique de commande plus universelle nous semblerait tout de même nettement plus appropriée…
L’accès au véhicule ne nous a pas non plus semblé particulièrement pratique, avec une carte NFC qu’il faut présenter contre le rétroviseur extérieur pour déverrouiller les portes. Et cela ne fonctionne que du côté conducteur, ce qui n’est pas toujours très pratique lorsque l’on souhaite, par exemple, simplement récupérer quelque chose dans sa voiture en stationnement.
Une critique à laquelle les responsables ont répondu en précisant qu’à partir du mois de production de novembre, les Leapmotor seront également livrées avec une véritable clé. À défaut, il restera toujours possible d’utiliser son smartphone comme clé virtuelle.
Pro ou ProMax
Pour la première fois avec une Leapmotor, le moteur électrique entraîne les roues avant. Selon la version, il développe 176 ou 197 ch. Dans le premier cas (Pro), il est associé à une batterie de 39,8 kWh, tandis que dans le second (ProMax), il est alimenté par une batterie de 53 kWh.
L’autonomie WLTP s’élève respectivement à 292 et 382 km. Des chiffres qui n’ont rien d’impressionnant, mais Leapmotor affirme que l’autonomie réelle devrait s’en approcher de très près et pourrait même être légèrement supérieure dans des conditions idéales.
La vitesse de recharge compense toutefois en grande partie cette autonomie relativement modeste. Selon Leapmotor, les deux batteries peuvent passer de 30 à 80% de charge en environ 16 minutes. Pour la version de 53 kWh, la fiche technique mentionne une puissance de recharge rapide en courant continu (DC) maximale de 133 kW, contre 100 kW pour la petite batterie, ce qui est loin d’être mauvais pour ce segment et ce niveau de prix. La recharge en courant alternatif (AC) peut quant à elle atteindre 11 kW.
Assez puissante mais pas sportive
Avec sa puissance proche des 200 ch, la version ProMax que nous avons pu essayer passe de 0 à 100 km/h en 8,6 secondes et atteint une vitesse maximale de 160 km/h. Des performances largement suffisantes pour un usage quotidien. Dans la pratique, le B03X invite toutefois à adopter une conduite tranquille : il n’a clairement aucune prétention sportive. La direction communique peu avec le conducteur et l’adhérence des pneus ne nous a pas non plus particulièrement convaincus lors de notre essai dans le sud de l’Espagne, malgré un revêtement sec et en bon état.
Ceux qui abordent les virages avec enthousiasme atteindront donc assez rapidement les limites de la voiture. Pourtant, le responsable produit nous a expliqué que les exemplaires de ce nouveau modèle destinés à l’Europe – qui seront d’ailleurs assemblés dans l’usine Stellantis de Saragosse, en Espagne – bénéficieront de pneumatiques spécifiques, en l’occurrence des Yokohama. Quant au manque de retour d’information de la direction ? « Cela pourra toujours être corrigé par une mise à jour logicielle », nous assure-t-on… À distance, bien entendu !
En revanche, le confort de conduite est particulièrement réussi. Les irrégularités de la chaussée sont bien absorbées, sans que la suspension ne paraisse excessivement souple. Pour l’usage auquel la plupart des B03X seront probablement destinés – trajets domicile-travail, déplacements urbains et parcours plus courts –, cela compte finalement davantage qu’un comportement routier incisif.
Autre point positif : le B03X s’est effectivement montré particulièrement sobre. Avec une consommation moyenne de 12 kWh/100 km affichée par l’ordinateur de bord durant notre essai, nous sommes même restés nettement sous la valeur WLTP de 15,7 kWh/100 km…
Bilan fleet
Et puis, il y a bien sûr le prix : seulement 24.900 € TVAC, certes pour la version équipée de la petite batterie. Un tarif particulièrement compétitif pour un véritable crossover électrique de 176 ch, doté d’un habitacle spacieux et d’un coffre de 510 litres.
Il n’existe par ailleurs aucune option individuelle, à l’exception du choix de l’une des cinq autres teintes de carrosserie que l’Acorn Brown visible sur les photos de cet article – et même dans ce cas, le supplément se limite à 650 € TVAC. La version équipée de la grande batterie et du moteur de 197 ch coûte en revanche d’emblée 4.000 € de plus. Elle ajoute notamment un siège conducteur à réglage électrique, des sièges avant et un volant chauffants, des capteurs de stationnement avant, 12 haut-parleurs au lieu de 6, un éclairage d’ambiance et une caméra à 360°.
Au final, les points forts du B03X apparaissent clairement. Ce n’est pas une voiture électrique destinée aux gros rouleurs qui avalent chaque semaine des centaines de kilomètres d’autoroute. Ceux qui placent le plaisir de conduite ou une ergonomie irréprochable en tête de leurs priorités trouveront également de meilleures alternatives ailleurs.
Mais pour ceux qui recherchent une voiture de société électrique abordable, principalement destinée aux trajets quotidiens domicile-travail, le B03X compense par une quantité impressionnante d’espace, de confort et d’aspects pratiques. Son autonomie est certes limitée, mais à ce prix, le B03X en offre beaucoup. Leapmotor souligne d’ailleurs ne pas vouloir être une marque low cost, mais plutôt une marque offrant un excellent rapport qualité-prix.
Dommage seulement qu’à ce tarif, on ne bénéficie pas de davantage de commandes physiques et d’un comportement routier plus précis… Même si un loyer mensuel de 388 € HTVA (pour la Pro) et des coûts d’utilisation limités – pour un TCO2 total de 636,13 € – permettront sans doute de faire passer la pilule.
Fiche technique – Leapmotor B03X ProMax 53 kWh (197 ch)
| INFORMATIONS TECHNIQUES | |
| Motorisation | Electrique |
| Puissance | 145 kW/197 ch |
| Couple maximal | 200 Nm |
| Poids à vide | 1.450 kg |
| Volume de coffre | 510- 1.605 l |
| Autonomie WLTP | 382 km |
| Consommation moyenne WLTP | 15,7 kWh/100 km |
| Consommation relevée | 12 kWh/100 km |
| Vitesse maximale | 160 km/h |
| Capacité de batterie | 53 kWh |
| INFORMATIONS DE GESTION | |
| Prix de base HTVA | 23.884,30 € |
| Prix de base TVAC | 28.900 € |
| Puissance fiscale | 4 CV |
| TMC (Bruxelles/Wallonie) | 78,88/269,41 € |
| TMC (Flandre, leasing) | 61,50 € |
| Taxe de circulation (Bruxelles, Wallonie) | 107,18 € |
| Taxe de circulation (Flandre, leasing) | 107,16 € |
| Déductibilité fiscale moyenne (sur 5 ans) | 100 % |
| ATN brut utilisateur mensuel | 140,83 € |
| Dépenses non-admises | 14,08 € |
| Cotisation CO2 | 42,34 € |

