Fleet test Toyota Urban Cruiser BEV : des détails qui font la différence
Nous avons enfin pu prendre le volant du petit SUV électrique citadin de chez Toyota, aux loyers relativement raisonnables. Comme d’autres électriques chez le constructeur japonais, il risque bien de souffrir face à une concurrence qui s’est lancée bien plus tôt dans la bataille du 100% électrique. On vous explique pourquoi…
Si vous pensez déjà avoir vu le Toyota Urban Cruiser, mais avec un autre logo, c’est normal. Ce petit SUV urbain n’est autre que le cousin (ou jumeau technique) du Suzuki e-Vitara. D’ailleurs, les deux modèles prennent vie en Inde. Ce genre d’association, de plus en plus fréquent, permet de diminuer les coûts de développement et de production. Par conséquent, le prix sur la facture finale diminue également, ceci étant l’enjeu actuel de la course à l’électrification.
Pour l’anecdote, l’appellation Urban Cruiser a déjà existé entre 2008 et 2012. Mais depuis 2024, présentée en première mondiale au Brussels Motor Show 2025, elle revit sous une forme 100% électrique. Ses dimensions compactes (L/l/h : 4.285/1.800/1.640 mm) sont légèrement supérieures à celles de l’excellent SUV hybride Toyota Yaris Cross. Ces proportions sont parfaitement adaptées à un usage urbain.
Patience imposée mais habitabilité appréciée
Notre finition Style est la seule qui coche le petit toit vitré de série au-dessus des passagers avant. Celui-ci apporte une luminosité bienvenue dans un habitacle un peu morose mais il est fixe : dommage. On remarque beaucoup de plastiques durs à bord mais pour le segment, c’est quasiment devenu la norme. Et dans ce cas, c’est du solide. Seul petit regret : une console centrale flottante en plastique noir laqué qui risque de mal vieillir et fort imposante pour le peu de boutons. Heureusement, il y a deux porte-gobelets et un support de recharge à induction pour son smartphone. La boîte à gants est maintenue et l’espace de rangement sous la console centrale facilement accessible, ce qui n’est pas le cas dans d’autres modèles Toyota BEV (Battery Electric Vehicle).
Côté multimédia, on suppose que Toyota (on retrouve le même système à bord du Suzuki e-Vitara) a réalisé quelques économies. Pourquoi ? Car il y a tout ce qu’il faut, mais c’est vraiment très peu réactif. Il faut aussi attendre plusieurs secondes entre le moment où on appuie sur un bouton au volant et la réponse sur l’écran multimédia. Pour désactiver certaines assistances à la conduite, le système d’infodivertissement nous impose de longues animations vraiment inutiles, à notre sens. Bref, impatients, s’abstenir ! Mais ce défaut pourrait se régler avec une mise à jour (on l’espère).
Aux places arrière, on apprécie la banquette coulissante sur 16 cm. En revanche, le coffre se montre vraiment peu généreux : de 244 à 566 l banquette rabattue. Gardez vos câbles de charge AC à la maison car il n’y a pas de frunk.
426 km de rayon d’action maximal, sur papier
Le Toyota Urban Cruiser est proposé avec 2 packs de batteries LFP (lithium fer phosphate) : 49 et 61 kWh. Il est possible de choisir entre les motorisations traction avant de 144 ch (batterie 49 kWh) ou 174 ch (batterie 61 kWh) et transmission intégrale de 184 ch (batterie 61 kWh). Bon point : toutes les versions sont équipées d’une pompe à chaleur. Sur papier, l’autonomie varie respectivement entre 344, 426 et 395 km.
Nous avons pris le volant de la version à l’autonomie la plus confortable. Sur la route, le premier atout est le poids correct, bien en-dessous des 2 tonnes. La direction est parfaitement adaptée à un usage urbain et la position de conduite est agréable. Malgré la rigidité habituelle de la plateforme électrique, l’amortissement se place du côté des plus confortables du segment. Il ne faudra donc pas être surpris de constater une certaine prise de roulis en virages si vous souhaitez augmenter le rythme.
Concernant la régénération d’énergie, l’Urban Cruiser propose 3 modes : faible, modéré, fort. Le gros hic est qu’on ne peut choisir l’intensité qu’uniquement à l’arrêt, après être entré dans différents menus. On ne comprend vraiment pas ce choix… Certes, chacun a ses préférences mais si on veut pratiquer l’écoconduite et s’adapter à son environnement, c’est raté. Des palettes au volant comme le proposent les meilleurs concurrents auraient été les bienvenues.
Enfin, un dernier « détail » ne permet pas à ce Toyota Urban Cruiser BEV de se démarquer : la recharge. Comptez 53 kW en pic avec la petite batterie et 67 kW avec la grosse batterie. En charge rapide, il faudra donc passer minimum 45 minutes à la borne pour gagner de 10 à 80% de batterie. En 2026, c’est long, mais on peut éventuellement l’accepter car ce SUV urbain devrait se recharger le plus souvent à la maison ou au bureau.
À la fin de notre essai, nous avons relevé une consommation de 18,5 kWh/100 km – contre 15,1 kWh/100 km annoncés – mais en ayant fréquenté en majorité les voies rapides.
Bilan fleet
Toyota est le roi de la motorisation hybride et de la fiabilité, il n’y a aucun doute là-dessus. Mais cet Urban Cruiser nous donne la même impression qu’avec d’autres Toyota électriques (lisez notre essai de la C-HR+) : le constructeur japonais ne se démarque pas encore assez de la concurrence. Trop de détails (multimédia peu réactif, petit coffre, recharge faiblarde, etc.) rendent l’expérience un peu moins agréable. Heureusement, ces détails pourraient être corrigés lors d’une grosse mise à jour technique. Et puis, cet Urban Cruiser a aussi de belles qualités : une conduite globalement agréable et confortable, une belle habitabilité aux places arrière, une TMC en Wallonie assez faible grâce à son rapport poids/puissance raisonnable et une garantie batterie de 10 ans qui devrait rassurer les indépendants ou les petites entreprises qui optent pour un achat propre.
Notre version haut de gamme Style en deux roues motrices avec batterie de 61 kWh réclame un loyer moyen sous les 600 € pour un contrat de 60 mois/100.000 km. Comptez alors un TCO2 aux alentours des 800 €/mois.
Fiche technique Toyota Urban Cruiser 61 kWh Style (128kW/174ch)
| INFORMATIONS TECHNIQUES | |
| Alimentation | Electricité |
| Puissance | 128 kW/174 ch |
| Couple maximum | 193 Nm |
| Poids à vide | 1.760 kg |
| Volume du coffre | 244 – 566 l |
| Autonomie | 426 km |
| Consommation moyenne | 15,1 kWh/100 km |
| Consommation constatée | 18,5 kWh/100 km |
| Emission CO2 | 0 g/km |
| Vitesse maximale | 150 km/h |
| Capacité de la batterie | 61 kWh |
| INFORMATIONS DE GESTION | |
| Prix de base HTVA | 33.933,88 € |
| Prix de base TVAC | 41.060 € |
| Puissance fiscale | 4 CV |
| TMC (Bruxelles, Wallonie, Leasing) | 75,79 €, 303,34 €, 61,50 € |
| BIV (Flandre) | 61,50 € |
| Taxe de circulation (Bruxelles, Wallonie) | 102,96 € |
| Taxe de circulation (Flandre) | 102,96 € |
| Déductibilité fiscale moyenne (sur 5 ans) | 100 % |
| ATN utilisateur brut mensuel | 140,83 €/mois |
| Dépenses non-admises | 14,08 € |
| Taxe CO2 | 49,07 € |

