Publié le 5 octobre 2026 à 06:00
par Damien Malvetti

Frédéric Spaenjers: « Škoda veut s’imposer dans les car-policies avec Epiq et Peaq »

Dans un marché automobile toujours chahuté, Škoda poursuit sa croissance et compte bien renforcer encore sa position auprès des entreprises belges. Avec 66% de ses ventes déjà réalisées sur le canal fleet et une gamme électrique désormais élargie par les nouveaux Epiq et Peaq, la marque estime disposer des armes nécessaires pour couvrir pratiquement tous les profils de conducteurs. Du véhicule destiné aux plans cafétéria au grand SUV électrique pour user-choosers, la stratégie est claire : gagner du terrain dans les car-policies.

frederic spaenjers skoda
AI: ChatGPT

« La marque est dans un flow positif et affiche une croissance dans un marché qui est pourtant très compliqué », se réjouit Frédéric Spaenjers, Fleet & Special Sales Manager de Škoda. Une dynamique que la marque entend entretenir grâce à son offensive électrique. « C’est évidemment très important d’avoir des nouveautés comme Epiq et Peaq à proposer à nos clients et de pouvoir offrir des packages complets pour soutenir leur stratégie d’électrification. Aujourd’hui, les gestionnaires de flotte n’ont plus aucune raison de ne pas intégrer Škoda dans leur car-policy. »

Deux tiers des ventes passent déjà par le fleet

Le marché professionnel est loin d’être secondaire pour Škoda. Il représente actuellement 66% des ventes de la marque en Belgique, contre 34% pour les particuliers. Avec toutefois une particularité : Škoda est aujourd’hui particulièrement présente auprès des petites flottes.

Et sans surprise, l’électrification constitue désormais le principal moteur de cette activité fleet. Les deux modèles phares sont l’Elroq et l’Enyaq qui représentent, à eux seuls, 73% des ventes fleet de Škoda. L’Elroq occupe la première place.

Son succès dépasse d’ailleurs largement le seul marché professionnel belge. Le SUV est devenu le troisième véhicule électrique le plus vendu en Europe et constitue, en Belgique, le modèle le plus vendu parmi l’ensemble des marques distribuées par D’Ieteren.

Cette évolution se retrouve dans le mix global de Škoda en Belgique : les véhicules électriques représentent désormais 57% des ventes, contre 43% pour les motorisations thermiques et hybrides. Le diesel n’y pèse plus que 2% des immatriculations neuves de la marque et le plug-in hybride, encore uniquement disponible sur le Kodiaq, à peine davantage, avec 3%.

Autre enseignement intéressant pour les gestionnaires de flotte : lorsqu’ils choisissent un véhicule électrique, les clients Škoda privilégient généralement la version équipée de la plus grande batterie. L’autonomie reste donc clairement un critère déterminant.

Epiq : l’électrique pour aller chercher le volume

C’est précisément dans ce contexte que débarque l’Epiq. Le nouveau SUV citadin électrique doit permettre à Škoda d’élargir considérablement son terrain de jeu, notamment dans les flottes où les budgets sont plus serrés.

« L’Epiq est un modèle parfait pour le pilier 1 du budget de mobilité ou pour des plans cafétéria, par exemple », estime Frédéric Spaenjers.

Malgré son positionnement inférieur à celui de l’Elroq, l’Epiq mise notamment sur son habitabilité. Son coffre offre un volume de 475 litres pouvant atteindre 1.345 litres, tandis que son autonomie maximale de 440 km devrait couvrir une grande partie des usages professionnels quotidiens.

Pour les conducteurs parcourant régulièrement de plus longues distances, Škoda conserve l’Elroq comme alternative. Avec sa batterie de 82 kWh, celui-ci peut atteindre jusqu’à 579 km d’autonomie.

La frontière entre les deux modèles est cependant moins évidente lorsqu’on raisonne en leasing. Selon Frédéric Spaenjers, l’écart de loyer entre Epiq et Elroq reste relativement limité, tandis que ce dernier profite d’un équipement de série plus généreux. Un élément qui pourrait peser dans les calculs de TCO et dans la construction des catégories d’une car-policy.

Peaq : Škoda veut aussi séduire les user-choosers

À l’autre extrémité de la gamme arrive le Peaq. Avec ses 4,87 mètres, soit environ 12 centimètres de plus qu’un Kodiaq, ce grand SUV électrique fait clairement changer Škoda de catégorie.

Le modèle n’est pas encore présent dans les showrooms mais semble déjà susciter de l’intérêt. « Il enregistre déjà davantage de précommandes que l’Epiq, qui est pourtant déjà visible en concession », affirme Frédéric Spaenjers.

Parmi ses arguments figurent une configuration à sept places disponible en option, une autonomie supérieure à 600 km, la qualité de ses matériaux et l’adoption du nouveau langage stylistique de Škoda.

Epiq et Peaq ont donc des missions très différentes. « Peaq nous ouvre les portes de nouvelles sociétés. C’est un véhicule plutôt destiné au user-chooser, là où l’Epiq va plutôt nous permettre de remporter de gros deals. »

Deux stratégies commerciales presque opposées, donc : d’un côté, un modèle capable de générer du volume et de descendre dans les catégories de car-policy ; de l’autre, un véhicule plus statutaire destiné à élargir la présence de Škoda vers le haut. Frédéric Spaenjers estime néanmoins qu’à terme, les deux nouveautés pourraient atteindre des volumes similaires.

La voiture ne suffit plus

Mais dans la bataille des flottes électriques, Škoda ne compte pas uniquement sur ses produits. La marque bénéficie aussi de son intégration dans l’écosystème D’Ieteren pour proposer aux entreprises des services complémentaires autour du véhicule.

Les solutions de financement peuvent notamment être proposées via Volkswagen D’Ieteren Finance (VDFin), tandis qu’EDI prend en charge les besoins liés à la recharge.

« C’est important pour nous de pouvoir offrir cette facilité à nos clients. Lorsqu’un client signe un bon de commande pour un véhicule, celui-ci comporte toujours une mention indiquant qu’il sera prochainement contacté par EDI pour lui proposer des solutions en matière de recharge, par exemple. Avoir tout “in house”, c’est un vrai plus. »

Un argument qui prend de l’importance à mesure que l’électrification des flottes oblige les gestionnaires à raisonner au-delà du simple véhicule : financement, recharge au domicile ou sur le lieu de travail et accompagnement du conducteur font désormais partie de la même équation.

Une gamme électrique stabilisée pour deux ans

Après l’arrivée rapprochée des Epiq et Peaq, Škoda devrait désormais connaître une période plus calme en matière de nouveautés électriques. L’objectif est de commercialiser et d’installer cette nouvelle gamme dans les flottes.

« Avec ces deux nouveautés électriques, la gamme EV est complète et permet de répondre aux besoins de tous les clients et de nous positionner dans les car-policies. Nous allons travailler avec cette gamme pendant les deux prochaines années. »

La prochaine étape devrait être la déclinaison de série du concept Vision O, qui préfigure un grand break électrique dans l’esprit d’une Superb Combi.

Un modèle particulièrement pertinent pour le marché fleet belge, où Škoda constate une demande récurrente pour une hypothétique Octavia Combi électrique. Les conducteurs fleet devront toutefois faire preuve de patience : l’arrivée de ce futur break électrique n’est a priori pas attendue avant 2029.

Se différencier au sein même du groupe Volkswagen

Reste un défi : Škoda n’est évidemment pas seule à mener une offensive électrique. Volkswagen, Audi et Cupra multiplient elles aussi les nouveautés, avec des véhicules qui partagent parfois plateformes, technologies et motorisations.

Comment éviter que les différentes marques du groupe ne deviennent interchangeables ? « C’est souvent le design qui fait la différence dans le choix des clients. C’est en tout cas ce qui fait le succès de l’Enyaq », analyse Frédéric Spaenjers.

L’Elroq bénéficie pour sa part d’un positionnement plus spécifique. « Škoda est la seule marque à l’heure actuelle à proposer un petit SUV avec autant d’espace intérieur. »

La marque continue également de miser sur ses fameuses solutions « Simply Clever ». Parapluie intégré dans la portière, grattoir à vitres logé dans la trappe à carburant ou de recharge et autres astuces pratiques ne suffisent évidemment pas à déterminer le choix d’un véhicule de société face au TCO, mais elles participent toutefois à l’identité de Škoda et à l’expérience quotidienne du conducteur.

Avec Epiq, Elroq, Enyaq et désormais Peaq, Škoda couvre en tout cas un spectre nettement plus large du marché électrique. Pour la marque, l’enjeu des deux prochaines années sera moins de compléter son catalogue que de transformer cette gamme en contrats fleet : placer Epiq dans les catégories où le coût reste déterminant, consolider Elroq et Enyaq et utiliser Peaq pour accéder à des niveaux de car-policy où Škoda était jusqu’ici moins naturellement présente.

Damien Malvetti

Damien Malvetti, rédacteur de cet article

Damien Malvetti a une formation de journaliste et est passionné par les voitures, la technologie et la mobilité. Il est responsable du contenu éditorial de link2fleet et possède une connaissance approfondie du secteur des flottes et de la mobilité électrique.

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