Leasechange.be donne une seconde vie aux voitures de leasing en leur trouvant un nouvel utilisateur
Un collaborateur quitte l’entreprise ou change de fonction, mais le contrat de leasing de sa voiture court encore pendant un certain temps. Pour les entreprises, un véhicule devenu superflu peut rapidement représenter un coût important. Avec Leasechange, Sina Chitgar, étudiant en ingénierie commerciale, souhaite mettre en relation les entreprises qui veulent se défaire d’un contrat de leasing en cours avec celles qui souhaitent justement reprendre ce type de contrat.
Restituer prématurément une voiture de leasing n’est pas toujours la solution la plus avantageuse. Lorsqu’un contrat court encore pendant une période relativement longue, l’indemnité de résiliation peut en effet rapidement grimper. Une possibilité plus intéressante consiste à transférer le contrat à une autre entreprise, sous réserve de l’accord de la société de leasing.
C’est précisément autour de ce principe que Sina Chitgar a développé le site Leasechange.be. L’idée est née lorsque son frère s’est lui-même retrouvé confronté à ce problème. Celui-ci avait le choix entre continuer à payer son contrat de leasing pendant encore un certain temps ou débourser plusieurs milliers d’euros pour y mettre fin prématurément. Les deux frères ont alors cherché une alternative et découvert qu’un transfert était possible à condition que la société de leasing donne son accord.
« C’est alors que nous avons eu cette idée : pourquoi ne pas simplement faire reprendre le contrat ? Nous avons vérifié et constaté que c’était possible, pour autant que la société de leasing marque son accord », explique Chitgar, qui étudie l’ingénierie commerciale à la KU Leuven. Il a alors décidé de développer lui-même une plateforme spécialisée.
Mettre en relation l'offre et la demande
Leasechange est essentiellement une place de marché dédiée aux contrats de leasing en cours. Une entreprise qui n’a plus besoin d’un véhicule peut y proposer son contrat. Les entreprises intéressées peuvent notamment consulter le loyer mensuel, la durée restante du contrat, le kilométrage prévu ainsi que les services inclus.
Chitgar souhaite ainsi avant tout créer un point de rencontre clairement identifiable pour un marché qui reste aujourd’hui assez fragmenté. Des contrats de leasing en cours sont parfois proposés sur des sites généralistes de petites annonces, mais ils sont difficiles à repérer parmi les véhicules d’occasion classiques. Selon le jeune entrepreneur, au moment de notre entretien, une soixantaine de voitures proposées sur 2ememain.be pouvaient par exemple faire l’objet d’une reprise de leasing, mais les personnes intéressées doivent effectuer une recherche spécifique pour les trouver.
Leasechange reste en dehors de la transaction proprement dite. Dès qu’une entreprise intéressée se manifeste, les parties doivent prendre contact avec la société de leasing concernée. C’est cette dernière qui décide en définitive si le contrat peut être transféré et si le nouveau client est accepté.
Leasechange ne se prononce donc pas non plus sur les éventuels frais de dossier ou autres coûts. Ceux-ci peuvent varier en fonction de la société de leasing et du contrat concerné.
Encore dans les starting-blocks
La plateforme n’a été mise en ligne que le 20 août et se trouve donc encore clairement dans sa phase de démarrage. Au moment de la rédaction de cet article, 13 voitures y étaient proposées. Aucun premier transfert n’avait encore été entièrement finalisé, même si, selon Chitgar, des discussions étaient déjà en cours entre plusieurs parties intéressées pour différents véhicules.
Il a également ajouté un module de calcul au site. Celui-ci permet à l’utilisateur de déterminer le montant qui devra encore être payé pendant la durée restante d’un contrat si aucun repreneur n’est trouvé. Selon Chitgar, les calculs effectués par les visiteurs à l’aide de cet outil depuis le lancement représentent au total environ 250.000 euros de loyers de leasing restant à payer. Ce chiffre ne dit évidemment rien du potentiel global du marché belge, mais il montre selon lui que les entreprises recherchent bel et bien des solutions pour ce type de contrats.
Le concept n’est pas tout à fait unique en Belgique. Au cours du développement de sa plateforme, Chitgar a également découvert FleetSwap.be, une autre plateforme belge récente consacrée à la reprise de contrats de leasing. Dans des pays comme les Pays-Bas, la France et l’Allemagne, ce type de place de marché existe déjà depuis plus longtemps.
Gratuit dans un premier temps
Pour l’instant, contrairement à FleetSwap.be, Leasechange est entièrement gratuit : la mise en ligne d’un véhicule ne coûte rien et l’entreprise qui reprend le contrat ne doit pas non plus payer de frais à la plateforme. Cela devrait toutefois probablement changer à terme.
Chitgar envisage un modèle dans lequel les vendeurs professionnels paieraient lorsqu’ils proposent un plus grand nombre de véhicules sur la plateforme, à l’image d’autres places de marché automobiles sur le web. Même dans ce cas, il souhaite laisser le transfert proprement dit du contrat à la société de leasing et aux deux entreprises concernées.
Les ambitions du jeune entrepreneur dépassent en tout cas largement le cadre d’un simple projet étudiant. Bien qu’il ait encore trois années d’études devant lui, il espère à terme faire de Leasechange une grande place de marché spécialisée. « C’est vraiment mon rêve d’en faire un jour mon activité à temps plein. J’espère que Leasechange pourra devenir une grande place de marché, comme AutoScout l’est pour les véhicules d’occasion. »
Reste à voir si l’offre et la demande seront suffisantes en Belgique pour concrétiser cette ambition. Mais le principe sous-jacent présente un réel intérêt pour les gestionnaires de flotte : une voiture qui constitue un problème au sein d’une flotte peut justement représenter une solution pour une autre entreprise.

