Troisième CEOs’ Electric Dinner : les dirigeants des secteurs de la mobilité et de l’énergie appellent à davantage de collaboration, de clarté réglementaire et de flexibilité
Le 27 octobre dernier, Electra organisait la troisième édition de son CEOs’ Electric Dinner au MIX, à Bruxelles. Après deux éditions organisées sous la forme d’un déjeuner, l’événement s’est transformé cette année en un dîner réunissant quelque 100 invités issus des secteurs de la mobilité, de l’automobile et de l’énergie, pour une soirée placée sous le signe du débat. Le fil conducteur de cette édition était l’avenir de la mobilité et de l’énergie abordé au cours de trois tables rondes. Quel rôle joueront les véhicules autonomes ? De quel cadre législatif avons-nous besoin pour réussir la transition ? Et disposons-nous de suffisamment d’énergie pour atteindre nos objectifs ?
Véhicules autonomes : un avenir hybride plutôt qu'une transition brutale
Les intervenants se sont accordés sur un point : aucun acteur ne pourra mener cette transformation seul. Les véhicules autonomes ne remplaceront pas les taxis du jour au lendemain et il est peu probable qu’ils prennent entièrement le contrôle du secteur.
Un modèle hybride semble plus réaliste, dans lequel les véhicules autonomes viendraient notamment compléter l’offre de transport durant les heures de pointe ou répondre à certains besoins sociaux.
La mise en place d’un cadre juridique clair et une collaboration étroite entre les différents acteurs constituent des conditions indispensables à cette évolution.
Berenice van Gessel (Uber) : « Je pense que nous sommes tous d’accord sur le fait que les véhicules autonomes arriveront en Europe, mais cela ne se fera pas du jour au lendemain. C’est pourquoi il est essentiel que nous travaillions tous ensemble : constructeurs automobiles, fournisseurs de technologies et plateformes comme Uber, qui apportent la demande. Notre récent lancement à Zagreb en est un bon exemple. Nous y collaborons avec Pony.ai et différents partenaires opérationnels. Uber apporte la demande et son expertise de l’expérience passager, ce qui nous permet de déployer ensemble ces solutions de manière fluide et efficace. »
Souveraineté européenne : des règles claires et des choix stratégiques
Tout ne peut pas être produit localement. Selon les intervenants, l’Europe doit chercher à produire autant que possible sur son territoire et identifier des alternatives pertinentes lorsque cela n’est pas réalisable.
Il est également nécessaire de mettre en place un cadre clair permettant aux différents acteurs de se faire concurrence, tout en opérant des choix stratégiques quant aux produits et technologies à développer ou à acquérir au sein de l’Union européenne ou à l’étranger.
L’atteinte des objectifs de réduction des émissions de CO₂ doit rester une priorité.
Les participants ont également mis en garde contre certaines réactions excessives de constructeurs automobiles et plaidé pour l’élaboration concertée de règles précises concernant ce qui doit être réalisé en Europe et ce qui peut être confié à des acteurs extérieurs.
Mahaut Housieaux de Lesquen (Bolt) : « Il était intéressant de constater que, si nous devons fixer des objectifs clairs, nous devons également les adapter aux réalités du terrain afin de nous assurer qu’ils soient réellement atteignables. La souveraineté européenne est importante, mais il est aujourd’hui difficile d’être entièrement européen. Nous devons donc continuer à associer les acteurs européens à cette transition et progresser graduellement vers une plus grande souveraineté européenne. »
L'avenir électrique de la Belgique : tout est une question de mégawattheures
La Belgique dispose d’une puissance électrique suffisante, mais doit développer davantage de flexibilité pour pouvoir la gérer efficacement.
Cela commence par une meilleure mesure et une meilleure compréhension de ce qui se passe sur le réseau électrique, mais aussi par une réduction des contraintes administratives.
Concernant les tarifs de réseau, les intervenants ont plaidé pour un modèle qui reconnaisse et récompense équitablement les comportements flexibles, au bénéfice de l’ensemble des utilisateurs.
Raf Bellers, de Fluvius, a rappelé que le développement du réseau électrique s’inscrit dans un processus de long terme, nécessitant du temps et une planification rigoureuse.
Dans l’intervalle, la flexibilité peut jouer un rôle essentiel pour faire face aux contraintes du réseau.
Les véhicules électriques et les infrastructures de recharge rapide offrent à cet égard un potentiel considérable pour contribuer à un système énergétique plus flexible et plus efficace.
La collaboration, clé de la mobilité de demain
Martin Laurent, Country Manager Belgique et Luxembourg chez Electra, a clôturé la soirée par ces mots : « Cette soirée a démontré que l’avenir de la mobilité et de l’énergie ne pourra pas être construit par un seul acteur. Les véhicules autonomes, la compétitivité européenne et la solidité de notre réseau électrique nécessitent tous les mêmes ingrédients : une collaboration étroite, des règles claires et la flexibilité nécessaire pour s’adapter. Chez Electra, nous continuerons à rassembler les acteurs du secteur. Voir cet événement grandir à chaque édition montre que l’intérêt pour ce dialogue ne cesse de se renforcer. »