Publié le 30 octobre 2026 à 18:07
par Damien Malvetti
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Smart #5 : 1.100 km, quatre passagers et seulement trois recharges pour rejoindre la Côte d’Azur

Partir en vacances en voiture électrique, avec quatre personnes à bord et leurs bagages, reste pour certains conducteurs une source d’inquiétude. Autonomie insuffisante, temps de recharge interminables, arrêts à répétition… Et si ces craintes appartenaient déjà au passé ? Pour le vérifier, nous avons pris la route de Maastricht à Saint-Raphaël, sur la Côte d’Azur, au volant de la Smart #5. Résultat : trois arrêts seulement, et pas une minute perdue par rapport à un trajet en voiture thermique.

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Une Smart qui n'a plus rien d'une citadine

Oubliez l’image de Smart qui construit uniquement des voitures capables de se faufiler partout en centre ville. Bien que la marque vienne de relancer la #2, digne héritière de la petite Smart d’époque, la gamme est aujourd’hui bien plus étendue avec notamment un grand SUV haut de gamme : la #5, que nous avions déjà eu l’occasion de tester chez link2fleet. Avec cette #5, la marque a radicalement changé de dimension. Ce grand SUV électrique de près de 4,70 mètres de long se positionne désormais sur un segment bien plus familial, avec des ambitions qui dépassent largement les trajets urbains.

Et c’est précisément ce que nous avons voulu vérifier en conditions réelles. Direction le sud de la France, au départ de Maastricht, avec quatre personnes à bord et les valises de chacun. Un trajet d’environ 1.100 kilomètres, effectué en plein mois de septembre.

Si l’autonomie reste un critère essentiel dans le choix d’une voiture électrique, elle ne dit pas tout. Sur un long trajet, la véritable question n’est pas seulement de savoir combien de kilomètres on peut parcourir avec une batterie, mais aussi combien de temps il faut pour récupérer suffisamment d’énergie afin de poursuivre sa route.

Et sur ce point, la Smart #5 dispose d’un argument de taille : son architecture électrique 800 volts, qui lui permet d’accepter des puissances de recharge particulièrement élevées sur les bornes rapides compatibles.

Premier arrêt : 45 minutes, de 19 à 100 %

Notre premier arrêt intervient alors que la batterie affiche encore 19 % de charge. Pas question d’attendre d’être à quelques kilomètres de la panne pour chercher une borne. L’objectif est de conserver une marge de sécurité tout en profitant des meilleures performances de recharge du véhicule.

Cette première pause est aussi l’occasion de manger et de passer aux toilettes. Autrement dit, un arrêt que nous aurions de toute façon effectué avec une voiture essence ou diesel.

Au total, nous restons immobilisés 45 minutes, le temps de finir notre repas. Et lorsque nous reprenons la route, la batterie affiche 100 %.

Une recharge complète qui n’était pourtant pas indispensable. Mais puisque notre pause repas n’était pas terminée, autant en profiter pour récupérer quelques kilowattheures supplémentaires.

C’est d’ailleurs une première leçon de ce voyage : ce n’est pas toujours la voiture qui impose la durée de l’arrêt. Parfois, c’est simplement le conducteur et ses passagers.

Deuxième arrêt : le temps d'un café

Quelques centaines de kilomètres plus loin, deuxième arrêt. Cette fois, la batterie affiche encore un peu plus de 20 %.

L’objectif n’est plus de récupérer une charge complète, mais simplement de remonter à 80 %. Pourquoi ? Parce que les batteries lithium-ion se rechargent généralement beaucoup plus rapidement dans leur plage intermédiaire que lorsqu’elles approchent de leur capacité maximale. Pour mieux comprendre ce comportement, on vous invite d’ailleurs à visionner notre tutoriel sur la courbe de recharge.

Nous branchons donc la Smart #5 et prenons la direction des toilettes avant de commander un café à emporter. À peine 20 minutes plus tard, la batterie affiche déjà 80 %. Il est temps de repartir.

Pas de longue attente devant la borne. Pas de détour pour occuper les passagers pendant que la voiture recharge. Notre pause a simplement correspondu au temps nécessaire pour satisfaire les besoins de chacun.

Troisième arrêt : la voiture prête avant les passagers

Le troisième et dernier arrêt sera encore plus révélateur. Lorsque nous nous arrêtons, la batterie dispose toujours de 22 % de charge. Nous branchons la voiture, puis chacun part vaquer à ses occupations dans la station-service.

Le temps d’un passage aux toilettes et d’un café, la Smart a déjà récupéré suffisamment d’énergie pour atteindre 85 %. 20 minutes à peine se sont écoulées. Mieux encore : mes amis ne sont pas encore sortis du shop que je les attends déjà devant l’entrée, au volant d’une voiture prête à reprendre la route.

Une situation presque paradoxale lorsqu’on connaît les critiques régulièrement adressées aux voitures électriques. Cette fois, ce n’est pas le véhicule qui ralentit le voyage, mais bien les passagers !

Trois recharges, mais aucune contrainte supplémentaire

Au terme de ce trajet entre Maastricht et Saint-Raphaël, le bilan est particulièrement parlant : trois arrêts de recharge sur environ 1.100 kilomètres. Et une arrivée sur place avec plus de 200 km d’autonomie restante !

Trois pauses que nous aurions très probablement effectuées de toute façon à bord d’une voiture thermique. Entre le repas, les cafés et les passages aux toilettes, nous n’avons jamais eu le sentiment d’attendre après notre véhicule.

Nous ne nous sommes donc arrêtés ni plus souvent, ni plus longtemps que nous ne l’aurions fait avec une voiture essence ou diesel.

Bien entendu, ce constat dépend de plusieurs facteurs : la disponibilité de bornes rapides suffisamment puissantes, les conditions météorologiques, le trafic et le rythme de conduite. Mais il démontre surtout à quel point les progrès technologiques peuvent transformer l’expérience des longs trajets électriques.

Avec une architecture 800 volts et une courbe de recharge performante comme celle de la smart #5, la question de l’autonomie devient beaucoup moins préoccupante.

Le secret ? Recharger intelligemment

Ce voyage nous a aussi permis de mettre en pratique une règle simple : pour optimiser un long trajet électrique, il ne faut pas systématiquement chercher à recharger sa batterie à 100 %.

Sur nos trois arrêts, nous n’avons procédé qu’une seule fois à une recharge complète. Et uniquement parce que notre pause repas se prolongeait.

Pour les deux autres, nous avons volontairement limité la recharge à 80 %, afin de profiter de la partie la plus rapide de la courbe de recharge.

De la même manière, nous avons privilégié des arrêts avant que le niveau de batterie ne descende sous les 20 %, en conservant une marge de sécurité confortable.

Cette stratégie permet d’éviter les longues minutes nécessaires pour récupérer les derniers pourcents de batterie, tout en limitant les sollicitations liées aux niveaux de charge très élevés. Elle offre également davantage de sérénité en cas de borne indisponible ou de détour imprévu.

Il faut toutefois nuancer : sur certaines voitures et dans certaines conditions, arriver à une borne avec un niveau de charge inférieur à 20 % peut permettre d’obtenir une puissance de recharge encore plus élevée. L’essentiel reste donc d’adapter sa stratégie à la courbe de recharge du véhicule, à l’itinéraire et aux infrastructures disponibles.

Et pour les flottes d'entreprise ?

Au-delà de notre escapade sur la Côte d’Azur, cette expérience apporte un éclairage intéressant pour les gestionnaires de flotte.

Aujourd’hui encore, l’autonomie constitue l’un des principaux critères de sélection d’un véhicule électrique dans les car policies. C’est parfaitement compréhensible. Mais à mesure que les architectures 800 volts se démocratisent, il devient pertinent d’intégrer un autre indicateur : le temps réellement nécessaire pour récupérer plusieurs centaines de kilomètres d’autonomie.

Car deux véhicules affichant une autonomie WLTP comparable peuvent offrir des expériences radicalement différentes sur autoroute si l’un recharge beaucoup plus rapidement que l’autre.

Une consommation maîtrisée et un coût comparable au diesel

Sur l’ensemble de notre trajet, la Smart #5 Pro+ a affiché une consommation moyenne légèrement supérieure à 20 kWh/100 km. Un résultat plutôt convaincant pour un SUV électrique de ce gabarit, transportant quatre personnes et leurs bagages, essentiellement sur autoroute.

Mais qu’en est-il du coût ? Pour notre aller-retour entre Maastricht et Saint-Raphaël, soit environ 2.200 kilomètres, nous avons dépensé quelque 220 euros en recharges électriques. Cela représente un coût énergétique de 10 euros aux 100 kilomètres.

À titre de comparaison, une voiture diesel consommant 6 l/100 km, avec un carburant facturé à 1,70 euro/litre, aurait nécessité environ 224 euros pour effectuer le même trajet.

Autrement dit, malgré le recours à des bornes de recharge ultrarapides, dont les tarifs sont généralement plus élevés que ceux de la recharge à domicile, notre voyage électrique nous aura coûté pratiquement la même chose qu’un trajet équivalent au diesel.

Bien entendu, cette comparaison reste indicative et dépend des tarifs pratiqués par les opérateurs de recharge, du prix des carburants et de la consommation réelle des véhicules.

Conclusion : l'électrique a changé, nos habitudes doivent suivre

Ce trajet vers Saint-Raphaël m’aura surtout conforté dans une conviction : avec les voitures électriques de dernière génération, la question n’est plus nécessairement de savoir si l’on peut effectuer un long trajet, mais comment l’organiser intelligemment.

La Smart #5 a démontré qu’il était parfaitement possible de traverser une bonne partie de l’Europe avec quatre personnes et leurs bagages sans transformer le voyage en parcours du combattant.

Trois arrêts, des recharges rapides et aucune attente supplémentaire par rapport à nos besoins naturels de pause.

Évidemment, toutes les voitures électriques ne sont pas capables d’offrir une expérience comparable. Et toutes les infrastructures de recharge ne permettent pas encore d’exploiter pleinement les capacités de ces véhicules. Ma voiture rechargeait par exemple jusqu’à 400 kW, mais j’ai parfois dû me contenter de bornes rapides limitées à 300 ou 350 kW.

Mais une chose est certaine : à bord d’une voiture électrique moderne capable de recharger très rapidement, ce n’est plus forcément la batterie qui dicte le rythme du voyage. Ce sont les passagers.

Damien Malvetti

Damien Malvetti, rédacteur de cet article

Damien Malvetti a une formation de journaliste et est passionné par les voitures, la technologie et la mobilité. Il est responsable du contenu éditorial de link2fleet et possède une connaissance approfondie du secteur des flottes et de la mobilité électrique.

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