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Budget de mobilité: les pionniers partagent leur expérience
L’échéance relative à l’introduction obligatoire du budget mobilité approche, mais de nombreuses entreprises se posent encore des questions. link2fleet a sollicité l’avis de plusieurs entreprises qui disposent déjà d’une expérience pratique en la matière.
À partir du 1er janvier 2027, toutes les entreprises belges comptant au moins 50 travailleurs devront proposer le budget mobilité aux collaborateurs ayant droit à une voiture de société. Certaines n’ont toutefois pas attendu cette obligation. Leurs témoignages montrent que les motivations pour l’adopter sont diverses, mais aussi qu’une mise en œuvre réussie dépend avant tout d’une préparation approfondie et d’une communication claire.
Motivations diverses
Chez Nipro, entreprise active dans le secteur de la santé et dont le siège est situé à Malines, le budget de mobilité a été implémenté dès 2024 parce que les besoins en mobilité des collaborateurs devenaient déjà de plus en plus individuels. “Tout le monde n’a pas les mêmes besoins, ce qui fait qu’une voiture de société classique n’est plus la solution idéale pour tous”, indique Véronique De Bosscher, Compensation & Benefits Manager.
En outre, l’enquête interne « Great Place to Work » a révélé que les collaborateurs se demandaient pourquoi cette possibilité n’existait pas encore. La guerre des talents a également constitué un moteur important. Une politique de mobilité flexible devait donc rendre le package salarial plus attractif, tant pour les collaborateurs actuels que futurs.
Deplasse & Associés, qui fournit des services et entretiens dans le domaine de la construction et des infrastructures, a introduit le budget de mobilité en 2022. “Quelques employés nous avaient dit de ne pas vouloir de voiture de société, mais souhaitaient un salaire plus élevé. Puis, durant un entretien d’embauche, un candidat potentiel a explicitement demandé si l’entreprise proposait le budget de mobilité”, raconte Thomas Deville, Administrateur et Associé.
Un constat similaire est dressé chez SBB Accountants & Adviseurs, qui a introduit le budget mobilité en octobre 2025. « Les collaborateurs attendent aujourd’hui davantage de flexibilité dans leur package de rémunération et les candidats s’informent de plus en plus souvent, lors des entretiens d’embauche, sur les solutions de mobilité alternatives », explique Leen De Reu, Compensation & Benefits Team Lead. « En matière de marque employeur et de recrutement, nous considérons dès lors le budget mobilité comme un atout supplémentaire. »
Ici aussi, la guerre des talents a donc joué un rôle. Outre la volonté de proposer un package salarial plus attractif, Deplasse & Associés souhaitait également abandonner le principe selon lequel chaque collaborateur a automatiquement besoin d’une voiture de société : « Dans notre activité, elle ne se justifie que pour 50 % de notre personnel », explique Thomas Deville. Même son de cloche chez SBB : « Dans la pratique, on remarquait que certains collaborateurs optaient pour une voiture de société parce qu’elle était proposée dans leur package salarial, davantage que par réel besoin de mobilité. »
Belpark, l’exploitant de Walibi Belgium notamment, a intégré le budget de mobilité fin 2025. “Le budget de mobilité devait initialement être obligatoire à partir du 1er janvier 2026. C’est la raison pour laquelle nous l’avons implémenté à ce moment-là”, expose Anne-Catherine Denet, Assistante de direction.
« Lors d’un entretien d’embauche, un candidat potentiel a explicitement demandé si l’entreprise proposait le budget de mobilité à son personnel ».
Thomas Deville, Administrateur et Associé chez Deplasse & Associés.
Bonne préparation
Les quatre entreprises soulignent que la mise en place d’un budget mobilité ne se fait pas du jour au lendemain. Chez Nipro, tout a commencé par une analyse approfondie de la législation. « Nous voulions non seulement comprendre ce qui était légalement possible, mais surtout déterminer comment le budget mobilité pouvait réellement créer de la valeur ajoutée au sein de notre organisation », explique Véronique De Bosscher.
Deplasse & Associés a également pris le temps nécessaire. L’ensemble du processus a duré environ six mois, au cours desquels l’entreprise a étudié la réglementation, comparé différentes plateformes et plusieurs experts, calculé les budgets et revu sa politique de mobilité existante. Avec le recul, l’entreprise estime qu’une bonne compréhension du coût réel d’une voiture de société constitue une condition indispensable à la réussite de la mise en œuvre.
Chez SBB, on a profité de l’occasion pour passer à la loupe toute la politique de mobilité, en commençant par une analyse approfondie de la situation actuelle. Ici aussi, la préparation a demandé plus ou moins 6 mois. L’entreprise est passée du TCO3 au TCO2 et une politique de recharge a également été développée pour disposer de davantage de contrôle sur les coûts de recharge, qui étaient plus élevés qu’attendus.
« Plusieurs départements ont été impliqués tout au long du processus, dont RH, Finance et Comptabilité, payroll et bien sur le gestionnaire de flotte. C’était essentiel, car les processus internes et suivis administratifs devaient aussi être déterminés entre ces différents départements », précise Leen De Reu.
Fait notable, les quatre entreprises ont fait appel à un partenaire spécialisé pour les accompagner dans les aspects juridiques, administratifs et opérationnels du budget mobilité. « Avec Thierry Devresse de MMBB, nous avons élaboré une politique de mobilité parfaitement adaptée à nos besoins. Pour le soutien opérationnel, nous avons opté pour Olympus », explique-t-on chez Nipro.
« Les entretiens en présentiel et individuels avec les collaborateurs, qui permettent d’examiner leur situation concrète, se sont révélés les plus efficaces pour nous ».
Anne-Catherine Denet, Assistante de direction chez Belpark
La communication fait la différence
La communication envers les collaborateurs est également essentielle, souligne SBB. « La communication a constitué un facteur clé de succès pour nous. Nous avons présenté notre nouvelle politique de mobilité lors de plusieurs séances d’information, au cours desquelles nous avons expliqué le budget mobilité fédéral comme un avantage supplémentaire au sein de notre package de rémunération. Par ailleurs, Olympus Mobility nous a accompagnés dans la communication auprès des collaborateurs concernant le fonctionnement pratique de son application et la manière dont ils peuvent l’utiliser pour faire leurs choix de mobilité. »
Chez Nipro aussi, une séance d’information détaillée a été organisée en amont et enregistrée, afin que les collaborateurs puissent la consulter à tout moment. Cette approche a permis de limiter les malentendus, la plupart des questions portant dès lors sur les possibilités concrètes d’utilisation du budget.
Chez Deplasse & Associés aussi, on a opté pour une combinaison de sessions d’informations générales et d’échanges individuels. « Nous avons présenté le budget mobilité de manière la plus transparente possible, notamment via le site officiel budgetmobilité.be”, raconte Thomas Deville. Il en est toutefois ressorti que certains aspets restaient difficiles à comprendre, comme les différences entre les trois piliers ou les possibilités au sein du pilier 2.
Chez Belpark, les entretiens individuels se sont révélés particulièrement utiles pour expliquer l’incidence du budget mobilité : « Les entretiens en présentiel et individuels avec les collaborateurs, qui permettent d’examiner leur situation concrète, se sont révélés les plus efficaces pour nous », souligne l’entreprise.
“Tout le monde n’a pas les mêmes besoins, ce qui fait qu’une voiture de société classique n’est plus la solution idéale pour tous”.
Véronique De Bosscher, Compensation & Benefits Manager chez Nipro.
Des résultats différents
La pratique montre que le succès du budget mobilité dépend fortement du contexte dans lequel évolue l’entreprise. Chez Deplasse & Associés, environ la moitié des collaborateurs qui y sont éligibles en font aujourd’hui usage. Les jeunes travailleurs bruxellois, en particulier, le préfèrent presque systématiquement à une voiture de société. L’entreprise voit ainsi diminuer le nombre de voitures de société et constate également que le budget mobilité est devenu un atout supplémentaire pour attirer de nouveaux collaborateurs.
Chez Nipro également, l’intérêt ne cesse de croître : une trentaine de collaborateurs utilisent déjà le budget mobilité et d’autres suivront à l’échéance de leur contrat de leasing. Dans le cadre du deuxième pilier, les collaborateurs optent principalement pour le financement de leurs frais de logement, tandis qu’une part relativement faible du budget est finalement versée via le troisième pilier. Selon l’entreprise, le budget mobilité contribue clairement à renforcer son attractivité en tant qu’employeur.
Bien que les collaborateurs de SBB ne pouvaient faire le switch qu’à la fin de leur contrat de leasing, ils sont tout de même 55 à l’avoir fait en moins d’un an, soit sans voiture dans le pilier 1, soit avec une voiture d’une catégorie inférieure. « Nous considérons cela comme un signe clair que le concept séduit les collaborateurs », poursuit Leen De Reu. « Nous constatons également que les employés réfléchissent désormais de manière plus consciente à leurs choix en matière de mobilité. »
“Etant donné que notre site est proche des axes autoroutiers et que les collaborateurs habitent relativement loin, il y a peu de collaborateurs qui entrent dans cette dynamique », explique Anne-Catherine Denet (Belpark). Jusqu’à présent, un seul collaborateur a opté pour le deuxième pilier. Une bonne surprise est toutefois à signaler : la charge administrative s’est révélée bien plus limitée que ce que l’entreprise craignait initialement.
« Dans la pratique, on remarquait que certains collaborateurs optaient pour une voiture de société parce qu’elle était proposée dans leur package salarial, davantage que par réel besoin de mobilité. »
Leen De Reu, Compensation & Benefits Team Lead chez SBB.
5 conseils pour les entreprises qui doivent encore se lancer
L’expérience des trois entreprises permet de dégager quelques recommandations claires à l’intention des organisations qui doivent encore mettre en place le budget mobilité :
- Commencez suffisament à temps avec la préparation;
- Assurez-vous d’avoir une car policy claire et des calculs TCO corrects;
- Si nécessaire, faites appel à un accompagnement spécialisé ;
- Investissez suffisament de temps dans la communication et l’accompagnement de vos collaborateurs;
- Gardez à l’esprit qu’il n’existe pas de solution universelle.
À l’approche de son introduction obligatoire en 2027, une conclusion s’impose déjà : le budget mobilité est devenu bien plus qu’une simple alternative à la voiture de société traditionnelle. Les entreprises qui en ont déjà l’expérience le considèrent de plus en plus comme un outil à part entière de leur politique salariale et RH. En se préparant soigneusement et en accordant suffisamment d’attention à la communication, les entreprises augmentent leurs chances de voir leurs collaborateurs adhérer pleinement au système.
La photo principale de cet article a été générée avec l’aide de l’IA.
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